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Ajaccio, les transformations, la politique, l’avenir, la vie… Tour d’horizon avec Laurent Marcangeli
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Ajaccio, les transformations, la politique, l’avenir, la vie… Tour d’horizon avec Laurent Marcangeli


Calvi

Par

Le 11 Janvier 2019


Laurent Marcangeli est attaché à sa ville comme il est attaché aux siens. Son attachement, il le prouve avec son travail, son équipe, ses tripes. L’action municipale est son livre de chevet. Il le traduit sur le terrain. En équipe. Il l’a joue collectif car il a conscience que rien ne se construit seul.
La politique ? Il y pense bien sûr, mais chaque chose en son temps. Il lui reste quatorze mois pour voir venir. A chacun de prendre ses responsabilités. Lui prendra les siennes. Il préfère le travail à la politique. Il est toujours en mouvement. Comme celui qu’il a créé pour précisément servir de miroir à son travail de maire. Raison pour laquelle il envisage l’avenir avec beaucoup de tranquillité. Sans peur des coups de bâtons et du quand dira-t-on, il entend poursuivre son mandat avec autant de sérénité qu’il avait au départ, il y a quatre ans. Il attend l’heure du bilan de pied ferme ! Avec abnégation !


Politique de la ville avant tout !
- Ajaccio est en mouvement. La ville se refait une beauté. Elle est cernée de chantiers qui, selon vos propres termes, vont apporter du bien à la ville. Politique de la ville avant tout ?
- C’est de la politique au sens noble du terme. La politique c’est la vie de la cité au sens étymologique de la ville. Je crois avoir démontré l’an dernier que la politique politicienne m’intéressait de moins en moins voire pas du tout. Je pense que l’année 2019 montrera que le maire que je suis fait peu de cas de la vie politique politicienne. Mon principal objectif, c’est d’avancer, être utile, permettre à mes concitoyens de vivre mieux.


- Le matin, à l’heure du café, pensez-vous aux prochaines échéances électorales ?
- Je suis un homme de défi, j’aime bien le combat électoral et donc j’y pense. Je me suis présenté à de nombreuses élections, souvent comme colistier, souvent j’ai mené moi-même les combats, j’ai perdu, j’ai gagné en tant que chef de file, j’aime la compétition, la confrontation. Aujourd’hui nous ne sommes pas encore dans cette période, l’élection municipale a lieu dans un an et je suis donc obligé d’y penser car j’arrive au terme de mon mandat. Je mentirai si je disais que je n’y pense pas mais nous n’en sommes pas encore là, je suis dans le temps de l’action.


- D’autres préparent cette confrontation, des noms circulent. Qu’en pensez-vous ?
- Moi aussi je prépare, je ne suis pas inactif le travail que je fais au quotidien me le rappelle, mais j’espère bien qu’il y aura une opposition car c’est ennuyeux de ne pas avoir de vis-à-vis ! Ce que je remarque en revanche c’est que dans le cadre des débats auxquels vous participez, c’est plutôt calme. J’ai connu des périodes un peu plus rythmées dans les débats et je remarque, j’entends des rumeurs, des bruits, mais il y a peu d’incarnation. C’est une réalité. Je ne vois aucune proposition alternative avec ce que nous sommes en train de faire pour Ajaccio. Je vois les critiques, c’est normal, même quant ça émane de politiques élus dans d’autres instances. A un an d’une élection municipale, ils n’apportent aucune proposition. Je ne vais pas donner de conseils à l’opposition mais en tout état de cause, ce qui m’intéresse, c’est d’occuper mon mandat et d’avoir ce dialogue avec mes concitoyens. C’est ce qui passe en premier pour moi. Il y aura des débats et on prendra les choses de manière très tranquille. Je n’ai pas encore pris de décision définitive.


- On vous sait très proche de vos concitoyens, vous les recevez, vous les écoutez, disent-ils ?
- Ils me parlent de leur vie avant tout, de la vie, de beaucoup de choses. Il s’agit de conversations très intimes, des soucis, c’est là qu’on voit toute la dimension humaine du mandat de maire. Il y a de la misère, beaucoup de misère, de la déshérence, de la maladie. On vient me voir aussi pour me proposer des projets, mais ce sont généralement les problèmes qui prennent le dessus.
- Comment regardez-vous grandir votre ville ?
- Avec optimisme, avec amour et attention, c’est ancré en moi, car j’ai la chance d’être né dans un endroit que j’aime, où j’ai grandi et même fondé ma famille et surtout j’y suis élu depuis presque Cinq ans. J’aime ma ville mais aussi et surtout les Ajacciens. Je suis heureux de la voir évoluer dans le bon sens et en harmonie. »


- La précarité à Ajaccio, est-ce réellement inquiétant ?
- La mairie participe avec la CAPA et notamment le Centre Intercommunal d’Action Sociale à l’accompagnement des personnes qui rencontrent des difficultés, quel que soit leur âge, leur quartier ou leurs difficultés. Il y a des difficultés sociales, chacun en est conscient. Nous ne sommes pas chef de file en la matière mais il y a le Département - aujourd’hui la CdC - qui est le principal acteur. Il y a l’accompagnement de tout ce système associatif qui donne beaucoup d’espoir. Ne serait-ce qu’au niveau des bénévoles qui fournissent un gros travail. Nous sommes dans l’obligation d’accompagner du mieux qu’on peut. Malgré les efforts, les campagnes menées, il demeure un réel problème de pauvreté en Corse, à Ajaccio et dans le pays ajaccien qui devient un véritable fait de société. Je rappelle que lorsque nous sommes arrivés en 2014, nous avons pris le problème à bras-le-corps. Parmi les préoccupations, il y avait le problème social que bon nombre n’avaient pas compris au départ. Dans la ville et la région, il fallait qu’on se dote d’un véritable projet de politique sociale sur la ville. Nous sommes passés de la proposition à la réalisation, avec une mobilisation particulière d’une équipe menée par Caroline Corticchiato. Nous sommes sur un exercice particulier et délicat mais on en tire des satisfactions.

- La ville, la propreté, les campagnes qui se sont succédé, qu’en est-il ?
- Les choses vont mieux mais ce n’est pas suffisant ! Il faut donc se remettre en question et ne pas croire que tout est bien. Nous avons réalisé du bon travail mais rien n’est parfait. Les moyens mis en œuvre ont permis d’améliorer la situation sur la propreté de la ville en général mais il convient de mettre davantage de moyens peut-être et compter sur l’Ajaccien pour qu’il joue pleinement le jeu. On progresse, c’est intéressant et même satisfaisant, mais il faut faire plus et mieux et surtout plus loin car nous avons beaucoup de retard à rattraper. Derrière le tri, il y a un enjeu majeur, en matière de déchets, d’environnement, et comme je l’ai déjà annoncé, si nous ne prenons pas pleinement conscience des enjeux liés à l’environnement, on commettrait une erreur de génération.


- Ajaccio se refait une beauté, les chantiers avancent, mais on note ci et là des inquiétudes de la population à propos du stationnement et du manque de parking. Ou en est-on ?
- Il faut tordre le coup à un certain nombre de choses : Le parking de la CCI n’est pas plein tout le temps. Nous l’avons vérifié. Le parking municipal n’affiche pas complet tout le temps
Je rappelle qu’à l’origine la place Campinchi n’était pas un parking. Il l’est devenu provisoirement comme je l’ai annoncé lors de mon élection. Il devait être fait à de endroit un parking sous terrain qui aurait privé les Ajacciens de leurs quais (qui seront mis en valeur dans le nouveau projet de la place) qui durant une trentaine d’années aurait été propriété d’une société privée qui aurait pris beaucoup d’argent sur le dos des Ajacciens. J’ai été contre de manière suffisamment forte pour qu’une majorité de nos concitoyens le comprennent. J’ai fit un projet qui va dans le sens de l’humain : un marché, des arbres, de l’eau, un monument aux Morts qui retrouve sa place. Tout cela, dans un état d’esprit qui est le nôtre, qui ressemble à la ville. La place sera livrée en septembre. Et j’attends ce jour avec beaucoup de sérénité.


- Donc il y a des projets de parkings ?
-Bien sûr ! Trois projets sont à l’étude, à savoir la place Abbatucci, le parking du Diamant qui peut encore contenir près de 300 places et enfin le parking de l’hôpital que nous allons récupérer et renforcer largement. Pas de parking dans l’hyper-centre ville, là où précisément nous voulons de l’eau, des arbres, de la vie. L’humain passe avant la voiture. La réussite est partout dans le monde. Pourquoi pas chez nous ? C’est une réalité qui est en train de se formaliser partout. Donc c’est possible chez nous aussi. Je vais débattre avec les gens, leur montrer que nous détenons la bonne solution. Ce choix de société, c’est le mien. Il faut aller de l’avant et rattraper le retard. Avec les grandes surfaces implantées récemment, nous revenons trente ans en arrière. Même chose pour les parkings. L’attractivité doit se faire par d’autres moyens et nous le ferons.

- Le dossier du nouvel hôpital, sa date d’ouverture, l’accès, ou en est-on ?
- Une chose est sûre, il ouvrira certainement plus tard qu’en juin prochain ! Nous sommes positionnés sur un projet de nouvelle voirie qui partirait du Vazzio et remonterait vers le Stiletto. Nous tenons notre calendrier mais la voirie ne sera pas livrée avant l’hôpital. Il y a d’autres solutions. Il y a la problématique du rond-point, qui ne supportera pas l’afflux pour l’hôpital et le collège. La route du Stiletto, c’est la CTC. Il y a des travaux d’urgence à mener pour rendre l’accès plus fluide. Lorsque j’étais dans l’opposition j’avais déjà soulevé le problème, de savoir que l’on pensait le bâtiment sans penser à l’accès. J’avais été critiqué et traité d’oiseau de mauvais augure…Le problème se pose encore avec acuité. Des permis de construire ont été accordés au fil des années et la situation est devenue difficile. C’est un mal endémique à notre région et à notre ville. Il faut se réjouir d’avoir un hôpital neuf et c’est très important pour notre région. L’hôpital de la Miséricorde est vétuste et son accès tout aussi complexe. On va donc essayer de rattraper les retards en matière d’accès. La ville fait tout ce qu’elle peut. Le projet du téléphérique avance, on y travaille sérieusement.


- Comment voyez-vous l’Ajaccio de 2030 ?
-Depuis 2014, nous travaillons sur un document qui s’appelle « Ajaccio 2030 » c’est le sens de notre projet que nous charpentons, qui s’est considérablement épaissi avec des actions qui sont menées. Le projet prend forme au fil des années et j’espère que nous le mènerons à terme. Il y a encore beaucoup de projets qui seront mis sur la table et donc inclus dans la réflexion. Ajaccio 2030, c’est une ville où l’humain est au centre, une ville fière de son identité où la culture et le patrimoine sont les clés de son développement.
Propos recueillis par J.F.
 



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