Ecouter en direct

l'actualité en Balagne avec Corse net infos

François-Xavier Ceccoli : « La concurrence entre acteurs privés est indispensable dans la desserte maritime »
1 photo disponible

François-Xavier Ceccoli : « La concurrence entre acteurs privés est indispensable dans la desserte maritime »


Calvi

Par

Le 30 Juillet 2018


- Pourquoi avez-vous voté les quatre rapports de l’Exécutif ?
- Il faut être pragmatique ! Nous avons tous voté pour le retrait de l’opportunité d’acquisition des deux navires, mais nous l’avons fait pour des raisons diamétralement opposées. Nous félicitons une certaine prise de conscience de la majorité et puis, peut-être, un retour sur terre ! Cela aurait été une erreur d’acheter ces bateaux. Beaucoup d’argent pour un résultat qui reste aléatoire. Quand les choses vont dans le bon sens, il faut savoir le saluer et surtout le voter.

- Néanmoins, les désaccords persistent ?
- Oui ! Nous sommes opposés de manière ferme à la création d’une compagnie régionale. Nous avons vécu les affres d’une compagnie publique d’Etat qui s’appelait la SNCM avec 15 grèves en 15 ans ! Nous en avons subi les conséquences, ne serait-ce que sur les clémentines. Imaginez donc l’impact sur l’économie corse en général ! Nous considérons que l’offre des compagnies privées est suffisante par rapport à ce qui semble nécessaire en termes de rotation maritime en Corse. Nous avons voté contre l’acquisition des navires pour cette raison-là. Mais, nous avons vu que la majorité n’en démord pas, elle est toujours dans l’esprit de créer, plus tard, une compagnie maritime publique. Donc, le désaccord persiste sur le fond.

- L’Exécutif estime que la compagnie régionale serait un outil de maitrise des transports. N’est-ce pas le cas ?
- Non ! Je crois qu’il y a vraiment une divergence d’appréciation au niveau politique. Nous considérons que la Collectivité de Corse n’a pas à jouer un rôle d’armateur, ni à assurer la maîtrise d’une compagnie publique parce que c’est quelque chose de très compliqué ! C’est un monde, on le voit bien, en forte évolution. Ne nous leurrons pas : une telle compagnie viendrait perturber l’offre privée qui lui fera face. Est-ce l’intérêt des Corses d’avoir une offre perturbée par la présence d’un acteur public dont le lien serait avéré avec la Collectivité qui en serait même en quelque sorte l’ordonnateur ? Nous pensons vraiment que ce n’est pas comme cela que les choses doivent se faire.

- Que préconisez-vous ?
- Nous prenons, en exemple, l’analyse européenne qui prévaut en la matière et qui dit simplement que l’action publique ne doit intervenir que lorsque il y a une carence de l’action privée. En l’occurrence sur la Corse aujourd’hui, nous estimons qu’il n’y a pas de carence de l’offre. On peut aller vers une diminution des coûts et une sécurisation plus avancée, mais, eu égard à ce que nous avons connu il y a peu d’années, la situation de l’offre maritime est, quand même, bien meilleure.

- Vous dites qu’il faut rester très vigilant sur la concurrence. Pourquoi ?
- Je persiste et je signe : l’offre maritime est, aujourd’hui, de bon aloi. Elle se compose de quatre compagnies à minima auxquelles viennent se greffer d’autres compagnies pendant la période estivale. Cette offre diversifiée est de nature à permettre une concurrence. Nous sommes contre tout rapprochement de compagnies ou toute disparition parce que toute création d’un monstre privé serait encore pire qu’un monstre public ! Un monopole privé est encore plus nocif qu’un monopole public. Il faut, donc, être extrêmement vigilant en la matière. Nous pensons que la concurrence entre acteurs privés est indispensable et garantit que nous puissions prendre le bateau à des prix qui ne soient pas prohibitifs et en ayant le choix. C’est notre rôle de vérifier que la concurrence s’exerce de manière saine et sereine. C’est ce que nous avons demandé à l’Exécutif : vérifier que l’offre continue d’être diversifiée et surtout indépendante. Vérifier aussi que les coûts n’ont pas tendance à évoluer dans l’intérêt contraire des Corses.

- Les tarifs baissent. Vous vous en réjouissez, mais y mettez un bémol. En quoi consiste-t-il ?
- Oui, les tarifs baissent, mais attendons de voir combien cela va nous coûter ! Bien évidemment, il faut permettre aux Corses de voyager moins cher, donc Oui à la baisse des tarifs, mais attention, il faudra donner une compensation. Et, j’attends de voir, au gré de la consultation publique, quelle sera la demande des compagnies retenues en espérant qu’elle ne soit pas en hausse. Là-dessus, il est très important que le privé fasse aussi des efforts afin que cette baisse de tarifs, qui est actée pour les Corses, ne coûte pas, in fine, plus cher au niveau de la Collectivité. Ce qui reviendrait quasiment au même !

- L’alignement des OSP sur la DSP est-ce une bonne chose ?
- Oui ! Tout à fait ! Cela va dans le bon sens. La baisse, à la fois, des tarifs pour les passagers et pour le fret, avec l’idée d’aligner le coût du transport maritime sur celui du transport terrestre sur le continent, est quelque chose de cohérent. Il ne s’agit pas de faire disparaître le coût du transport maritime, mais d’atténuer ses effets sur l’insularité. Le bémol porte également sur les tarifs Export et Export Plus qui concernent énormément d’entreprises corses « exportant » sur le continent. Aujourd’hui, ce prix à l’Export ne baisse pas. Nous avons demandé à la présidente de l’Office des transports, Vanina Borromei, d’être en capacité d’intervenir pour prorater cette baisse afin que les acteurs puissent voir leurs coûts diminuer.

- Dernier point que vous avez soulevé : l’avance pénalisante de trésorerie. De quoi s’agit-il ?
- C’est un point sur lequel j’insiste : aujourd’hui, les acteurs, qui exportent sur le continent, sont obligés de faire une avance de trésorerie, c’est-à-dire qu’ils payent un tarif plein pot et font, ensuite, une demande de remboursement. Il nous paraîtrait opportun que les petits exportateurs, que sont les PME, les agriculteurs et autres…, payent, dès le début, le tarif réduit. En clair, ne plus faire assumer le rôle de banque aux petits, mais bien aux gros, et, donc, aux compagnies maritimes.

Propos recueillis par Nicole MARI.
 



Plus d'informations, cliquer ici

Partager cette actualité avec mes ami(e)s sur Facebook !


RETOUR

Autre actualités pour Calvi :
La route de l'aéroport de Calvi est très dangereuse

Le 26 Mars 2019

La D81 qui mène en direction de l'aéroport Calvi-Balagne est très dangereuse: absence de marquage au sol, bitume défoncé par les racines des arbres, énormes nids de poules bouchés sommairement, rien n'est épargné à cette route qui est pourtant celle qui est fréquentée par de nombreux automobilistes de la célèbre station touristique.

Radio Calvi Bastia : Stratus sur la ville

Le 26 Mars 2019

La ville de Bastia a été soumise durant l'après-midi de lundi à un phénomène météorologique qui n'est pas rare mais qui est toujours spectaculaire. Un stratus, qui est un genre de nuage bas dont la base se trouve à des altitudes inférieures à quelques centaines de mètres, s'est développé sur toute la cité du Nord au Sud, comme ici sous Ville-di-Pietrabuno, et a donné lieu à cette image fixée par Océane Baldocchi. Sandrine Launoy et Marie-Jo Costa ont aussi apporté leur contribution à une meilleure vision du phénomène. Qu'elles en soient remerciées.

Radio Calvi Vent violent : Météo France place la Corse en alerte jaune

Le 26 Mars 2019

Météo France a placé la Corse en vigilance jaune vent violent ce mardi à partir de 3 heures Pour l'instant l'alerte est valable jusqu'à mardi 26 à 15 heures

Radio Calvi Porto-Vecchio : Auto contre scooter. La jeune femme est décédée

Le 26 Mars 2019

Un grave accident de la circulation s'est produit lundi vers 18 heures sur la route de Muratello à Porto-Vecchio. Dans des circonstances qui restent à déterminer, un scooter piloté par une jeune femme d'une trentaine d'années et une voiture sont entrés en collision. La jeune femme gravement blessée - elle était en arrêt cardio-vasculaire - a été aussitôt secourue par les pompiers de Porto-Vecchio qui ont tenté aussitôt de la ranimer. Elle a été admise peu après à la clinique de l'Ospedale dans un état grave. La conductrice pour sa part choquée a été également prise en charge par les secours. Dans le courant de la soirée on apprenait, hélas, que la jeune femme n'avait pas survécu à ses terribles blessures.

Radio Calvi En Corse 3 200 personnes souffriraient de troubles autistiques, mais il n'y a que 20 places dans le Samsah régional

Le 26 Mars 2019

L'association Espoir Autisme Corse a inauguré lundi après-midi à Biguglia - à l'espace Ceppe - son service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés et troubles du spectre de l'autisme (Samsha-Tsa). Il pourra accueillir 10 personnes. Une structure similaire va également ouvrir dans le courant de la semaine - vendredi à Baleone - en Corse-du-Sud. Mais si ce nouveau pas en faveur de l'autisme est à souligner on est encore loin du compte. On estime en effet que 1% de la population est atteinte par ces troubles autistiques. Rapportée à la Corse cette estimation serait de 3 200 personnes atteintes par des troubles du spectre de l'autisme. "Nous en avons recensé entre 2 200 et 2 500" précisait à l'heure de l'inauguration Nonce Giacomoni, animateur de projets à espoir Autisme Corse. Malgré les efforts consentis à tous les niveaux et ce double pas effectué en faveur de cette population on est donc, très loin, de pouvoir faire face, hélas, à la situation. Mais des prises en charge de la part de l'ARS et de la CdC ont permis à ces personnes d'être envoyées ailleurs que dans des hôpitaux psychiatriques. "Elles peuvent vivre comme tout le monde et avec tout le monde" soutient dans notre vidéo Nonce Giacomoni qui, en l'absence de Baptiste De Nobili, président de Espoir Autisme Corse, a présidé la cérémonie d'inauguration de ce lundi en présence des représentants de la préfecture de la Haute-Corse, de l'ARS et de la CDC.
 

Radio Calvi
Autres actualités :