Ecouter en direct

l'actualité en Balagne avec Corse net infos

L’autonomie alimentaire de la Corse pour 2020 ? C'est possible !
1 photo disponible

L’autonomie alimentaire de la Corse pour 2020 ? C'est possible !


Calvi

Par

Le 06 Juin 2018



L’indépendance alimentaire pour la Corse pour 2020 ? Un titre de conférence qui pourrait passer pour utopiste si on ne se penche pas d’un peu plus près sur la démarche de François Rouillay, et de son mouvement national « Incredible Edible France - Les Incroyables Comestibles ».
Un thème dans l’air du temps et pris très au sérieux par les nombreux ajacciens qui ont fait le déplacement pour écouter le représentant d’un mouvement qui se qualifie comme celui de « la co-création joyeuse et de l’abondance partagée ».

Vers un nouveau mode de vie

Né en Angleterre, ce mouvement a été importé vers la France grâce à la participation active de François Rouillay. A son actif, il a assuré plus d’une quarantaine de conférence en France et à travers le monde.
Le but du mouvement est de promouvoir l’agriculture urbaine participative en invitant les citoyens « à planter partout là où c’est possible et à mettre les récoltes en partage » avec en filigrane une volonté de tendre vers un idéal : celui de nourrir l’humanité de façon saine, localement, en suffisance, dans la joie et la dignité de chacun ; et par ce biais de reconnecter les gens entre eux et à leur terre nourricière.
Face aux risques des OGM, face à un modèle industriel à réinventer et qui rend opaque la traçabilité alimentaire, face aux problèmes reliés à l’agriculture intensive, ou encore ceux liés au mode de vie et à l’alimentation, la prise de conscience citoyenne sur le besoin de se nourrir mieux gagne du terrain en France et dans le monde.
« Il y a 50 ans, les territoires avaient des terres agricoles, des zones de maraîchage et nos communes étaient à 90% en autonomie alimentaire. Aujourd’hui, nous vivons à 98% dans un système mondialisé et nous n’avons plus de stock de nourriture. On a encore quelques productions locales, ici et là, en monoculture, centralisée, segmentée mais si pour une raison économique, sociale ou environnementale, il venait à y avoir une rupture de la chaine mondialisée d’approvisionnement, à combien vous estimez la durabilité de votre territoire ? » Questionne François Rouillay.
Elle serait de trois jours. Le décor est planté. Pour illustrer ses propos, l’intéressé s’appuie sur une science, la collapsologie, qui est l’étude « très sérieuse » de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder…
En tant que mouvement positiviste, « Incroyables Comestibles » apporte des solutions pour réinventer, penser un autre monde autour de nouvelles techniques qui permettent de fabriquer du nouveau sol ou d’agrader la terre quand on la cultive de manière naturelle. Des solutions souvent ingénieuses, peu coûteuses et abordables techniquement avec un peu de curiosité.
Parmi les exemples éloquents, François Rouillay évoque comment ils ont fabriqué du sol nourricier de haute vitalité en 100 jours avec des déchets organiques, sans argent, sur une terrasse en béton avec des enfants âgés de 21 mois à 14 ans. « Trois ans après, la production dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer » relate-t-il.
Une expérience reproduite aussi sur un ancien terrain de tennis ou dans une cours de prison avec l’utilisation des techniques de permaculture associées au travail sur soi - la permathérapie - qui a donné des résultats encourageants : une étude met en exergue une baisse de 10 % de récidive chez les prisonniers à la sortie de prison.

En Corse-du-Sud, l’association a démarré un chantier de partage d’expérience au col de Vizzavona, en répondant à l’invitation de Jonathan Curti et son association Recycla Corse autour d’un projet multi acteurs. Il a pour ambition de mettre en place un programme pilote pour l’autonomie alimentaire de la Corse. Dans ce cadre, il a été créé une ferme pédagogique chez Marcel Sicurani, exploitant agricole et de nombreux enfants sont sensibilisés à la permaculture et au recyclage.

L’autonomie alimentaire l’affaire de tous

Ce sont dans les plus petits gestes du quotidien et dans la multiplicité de ceux-ci que l’on arrive à l’autonomie alimentaire. « La permaculture œuvre pour une agriculture responsable. Elle permet la mise en œuvre d’un système résilient qui invite à sortir de la compétition pour aller vers la coopération, une démarche inclusive d’entraide intergénérationnelle » explique François Rouillay.
Pour formaliser ce concept, un agenda 21 de l’autonomie alimentaire a été co-créé pendant 4 ans entre des acteurs de divers pays, et présentés aux Nations Unies à Genève en décembre dernier. Cette feuille de route de l’autonomie alimentaire s’adresse aussi bien aux collectivités locales, qu’aux associations, groupes ou individus soucieux de changer les comportements. Il est décliné en 4 grands thèmes et 20 actions: les actions individuelles, la participation citoyenne à l’agriculture urbaine, l’éducation populaire, le jardinage, la permaculture, l’éducation des enfants, la coopération solidaire, l’usage des circuits-courts, le recyclage des déchets ménagers, le compostage des végétaux, la réinsertion, la régénération urbaine.
Pour étayer ses propos, François Rouillay déroule de nombreux exemples chiffres à l’appui. Des récentes études ont démontré qu’aujourd’hui les villes du Nord de l’Angleterre à l’image de Todmorden dans le Yorkshire, pionnière dans le « food to share » et l’agriculture urbaine, ont une meilleure qualité de vie que celle du Sud : « Là-bas dans un rayon de 80 km, 83% de la nourriture vient du local. On a assisté à un changement de paradigme où le partage a créé l’abondance et a transformé l’économie des villes concernées. La marge des producteurs remonte. On passe de l’offre mondialisée à la demande localisée ce qui relance l’économie sur le territoire » informe-t-il.
De même, l’île de Cuba, contrainte à cause de son blocus économique à l’autonomie alimentaire est aujourd’hui leader dans le domaine.

L’agriculture urbaine 3e génération
De nombreuses villes ont rejoint ce mouvement en transformant l’espace public en espace nourricier, changeant la physionomie de l’urbanisme local : « L’habitat du futur sera autonome en énergie et en nourriture. On crée une ville, on ouvre l’espace public aux habitants et des quartiers populaires sont transformés en jardin d’Eden par la participation citoyenne, l’éducation populaire et l’économie circulaire en restaurant dans le cas de territoires comme la Corse l’utilisation de plants endémiques » explique-t-il.
L’initiative la plus symbolique se trouve devant l’Assemblée Nationale de Montréal où les jardins ont été transformés en espace cultivé…
La France n’est pas en reste puisque de nombreuses initiatives ont engagé des villes vers l’autonomie alimentaire comme Albi, Rennes, Le Havre, Paris, Roubaix, Grenoble, Ivry-sur-Seine, Epinay-sur-Seine, Tours … Certaines régions ont suivi comme la Bourgogne, l’Occitanie, le Périgord Limousin, le pays d’Aure, la Normandie …
L’an dernier, 40 villes se positionnaient sur le permis de végétaliser l‘espace public.
Et si la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien (CAPA) devenait un programme pilote de l’autonomie alimentaire et, la ville, une cité nourricière et fertile ?
La question était posée lors de cette conférence très intéressante et c’est à chacun de le décider par de petites actions individuelles mais aussi grâce à l’esprit de solidarité des Corses…



Plus d'informations, cliquer ici

Partager cette actualité avec mes ami(e)s sur Facebook !


RETOUR

Autre actualités pour Calvi :
Ascu : sur les traces du "ghjattu-volpe", très discret félin de Corse

Le 14 Juin 2019

Poil gris-fauve, queue à anneaux, le "ghjattu-volpe" ("chat-renard" en corse) gronde dans sa cage. Dans la forêt d'Ascu, deux agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) montrent à l'AFP ce qu'ils pensent être une nouvelle espèce de félin.

Radio Calvi Transports maritimes : Le préavis de grève illimitée met en cause la direction de la Méridionale

Le 14 Juin 2019

Pour protester contre l’élimination de La Méridionale de la Délégation de service publique (DSP) qui assure la desserte maritime entre la Corse et le continent, les syndicats CGT, STC et CFTC ont déposé un préavis de grève illimitée à compter du 21 juin dans tous les ports de la continuité territoriale corse, les ports de Toulon et Nice et toutes les destinations où la compagnie officie. Ils mettent en cause leur direction et demandent l’arrêt de la procédure d’appel d’offres. Un rapport de l’Exécutif territorial dévoile les raisons de cette disqualification.

Radio Calvi La Ligue des Droits de l'Homme pointe l'urgence sociale et environnementale et appelle à l'action citoyenne

Le 13 Juin 2019

L’antenne départementale de la Ligue des Droits de l’Homme de la Corse du Sud donnait une conférence de presse, ce mercredi au bar-restaurant de l’Octroi, à Ajaccio afin d’apporter son soutien au collectif « Terra », qui organise, ce samedi devant les grilles de la Préfecture de Région, un rassemblement lié aux enjeux de l’environnement. Cette démarche avait, également et de manière transversale pour objectif de sensibiliser l’opinion publique et d’interpeller les institutions sur les modèles économiques actuels. Un appel, à quelque sorte, à une mobilisation citoyenne.

Radio Calvi Une nouvelle alerte à la pollution aux particules fines en Corse prévue pour ce week-end

Le 13 Juin 2019

Après un retour à la normale de 24 heures, l’alerte à la pollution aux particules fines en Corse est relancée à compter de demain jeudi 14 juin.

Radio Calvi Huitres et oursins : Le projet de Stella Mare au service de la bioéconomie marine

Le 13 Juin 2019

En préambule de la prochaine présidence finlandaise de l'Union Européenne et du nouveau programme stratégique 2019-2024, le CESE (Comité Économique et Social Européen) a pour objectif d'élaborer un avis exploratoire sur le thème de la "bioéconomie bleue". À cette occasion, le laboratoire Stella Mare de l'Université de Corse a mis en place, ce mercredi 12 juin, une expérimentation grandeur nature en compagnie de ces nombreux collaborateurs et de la Municipalité de Bastia : l'introduction de deux espèces spécifiques dans le vieux port de Bastia, qui devrait permettre un suivi de la qualité de l'eau dans différents secteurs.

Radio Calvi
Autres actualités :