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Nanette Maupertuis : « La Corse est dans le Top 10 des destinations mondiales du tourisme d’affaires »
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Nanette Maupertuis : « La Corse est dans le Top 10 des destinations mondiales du tourisme d’affaires »


Calvi

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Le 28 Novembre 2018


- La Corse est-elle en train de devenir une destination du tourisme d’affaires ?
C’est en tout cas une des ambitions de l’ATC. Nous abattons cette nouvelle carte et développons, depuis deux ans, toute une série d’actions qui vont dans ce sens. Aujourd’hui, on peut dire que le tourisme d’affaires est, à la fois, un nouveau marché et aussi une vitrine prometteuse de la destination Corse. Elle permet de stimuler le tourisme patrimonial et culturel, le tourisme de pleine nature et toutes les activités qui concourent au bien-être comme la gastronomie, la détente… A cet effet, une première pierre vient d’être posée.

- Laquelle ?
- Le développement de cette filière s’inscrit dans le droit fil de notre politique. Celle qui consiste, comme vous le savez, à tourner le dos au slogan « soleil et plages » pour miser, enfin, sur l’étalement de la saison et la découverte des richesses de notre territoire. La feuille de route du tourisme durable, votée à l’unanimité à l’assemblée de Corse, en a fixé les grandes lignes. C’est un fait marquant. Place désormais à la seconde étape : la mise en œuvre concrète. Nous voulons réussir cet aggiornamento et concilier l’équilibre entre protection et mise en valeur. Nous y travaillons d’arrache-pied. La filière « tourisme d’affaires » peut et doit contribuer à cette nouvelle trajectoire de développement économique. D’autant que les premiers indicateurs sont encourageants. Notre île fait son entrée dans ce secteur et, par la même, se positionne dans la cour des grands.

- Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer ?
- La preuve est que la Corse a été classée en 2017 par le magazine « Voyages et Stratégie » dans le « top 10 » des destinations mondiales du tourisme d’affaires. Voilà qui est encourageant et de bon augure pour la suite ! Mesure-t-on seulement le chemin parcouru en si peu de temps ? Désormais, la Corse talonne Prague ou Moscou et se fraye un chemin au beau milieu des géants. La clientèle tourisme d’affaires sur notre l’île est, aujourd’hui, à 87% une clientèle nationale. Se greffe ensuite la clientèle étrangère : Belges, Allemands, Suisses, et bientôt, nous l’espérons, les Britanniques. Nous allons poursuivre nos efforts dans le sens de la diversification des marchés émetteurs.

- Est-ce la raison de votre présence à Barcelone ?
- Oui ! Il était, pour nous, impossible, dans ce contexte, de manquer le rendez-vous de l’IBTM World de Barcelone. Davantage qu’un salon, c’est le nouveau temple mondial du tourisme d’affaires, vécu et envisagé comme un eldorado pour les professionnels. C’est là où les professionnels venus de tous les horizons convergent. Là aussi où ils signent parfois des contrats mirobolants. L’ATC y est présente avec ses partenaires sur son propre stand et nous occupons, ainsi, l’espace - au propre comme au figuré - avec un seul et unique objectif : faire en sorte que la destination corse soit identifiée comme une destination MICE (Meetings, Incentives, Conventions, Events), et accueillir, sur les ailes de saison, cette clientèle plus dépensière.

- Comment la Corse est-elle perçue par ces professionnels ?
- Comme une destination à part entière en Méditerranée, où la complémentarité mer-montagne est un atout maître. Une île-montagne proche des capitales européennes, qui permet de s’isoler pour travailler lors d’un congrès tout en découvrant une autre culture. La notion d’authenticité revient en leitmotiv. Disons que le charme opère d’emblée eu égard à l’attribut flatteur « d’écrin préservé ». Ajoutons que l’art de vivre nustrale attire des rencontres de tourisme d’affaires, que ce soit un colloque de médecins, une convention de cadres bancaires, un séminaire d’une grande marque automobile… Ces évènements s’accompagnent toujours à minima d’une découverte du patrimoine insulaire qu’il soit matériel ou immatériel : dégustations gastronomiques ou œnologiques, excursions en mer ou montagne, concerts privés, musées…

- Quel est le profil de cette clientèle d’un nouveau genre ?
- C’est, d’abord, un touriste qu’on ne rencontre pas l’été. Il pose ses valises en Corse en avant ou en arrière-saison. C’est, ce qu’on appelle, un touriste professionnel. Il est représentatif des catégories sociales supérieures, il possède des hauts revenus et privilégie l’avion. Il pratique, aussi, une activité de loisir payante en lien avec le patrimoine naturel, en particulier le nautisme. La durée de son séjour est plus courte, mais ses dépenses, selon Atout France, sont 3 à 4 fois supérieures à celle d’un touriste de « loisirs ». Il dépense en moyenne 224 euros par jour, ce qui génère des retombées économiques certaines sur notre territoire. Son retour d’expérience est, aussi, extrêmement positif : il est très satisfait de l’accueil comme de l’hébergement qu’il trouve en Corse.

- Quel est le poids du tourisme d’affaires en Corse ?
- Les séjours professionnels représentent 10% du tourisme insulaire. Mais s’agissant du tourisme d’affaires à proprement parler, c’est-à-dire tout ce qui relève du MICE, il a été évalué, par l’enquête aux frontières que nous avons menée, à 6% du tourisme insulaire. Cela représente environ 53 000 personnes en avant-saison (mai-juin), soit 293 000 nuitées, et 57 000 en après-saison (septembre-novembre) qui génèrent 830 000 nuitées, soit presque trois fois plus qu’au printemps. Et, surtout, fait notable, l’hébergement est essentiellement marchand et assuré par les professionnels du secteur touristique.

- Quelle est la politique de l'ATC en la matière ?
- L’ATC a structuré, en son sein, une filière tourisme d’affaires dotée d’une Convention bureau, véritable porte d’entrée sur le MICE. Nous avons mis en place un cluster en partenariat avec les professionnels et qui rassemble l’ensemble des acteurs de la chaîne du tourisme Corse, des transporteurs aériens et maritimes aux hôteliers et restaurateurs en passant par les agences de voyages. L’objectif est de fédérer l’offre insulaire pour une meilleure lisibilité sur les marchés émetteurs, d’améliorer la connaissance de la clientèle, et de contribuer à l’incontournable adéquation entre l’offre et la demande. Nous menons, d’ailleurs, ensemble, l’action de promotion sur le salon de Barcelone. Nous avons revisité toute notre communication tourisme d’affaires autour de visuels puissants et d’un mot d’ordre : « Faire le tour du monde et se réunir ici ». Cette campagne a été récompensée par « Régions magazine ». Enfin, fait nouveau, la filière business passe au vert. Nous avons établi, en octobre dernier, une Charte environnementale des bonnes pratiques pour continuer à positionner la Corse comme l’île verte de la Méditerranée car l’écotourisme reste un enjeu de premier plan, le tourisme d’affaires, comme les autres formes de tourisme, porte notre ambition de développement durable.

Propos recueillis par Nicole MARI.



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