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Paul-Marie Bartoli : « Je considère que je suis compatible avec Jean-Martin Mondoloni ! »
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Paul-Marie Bartoli : « Je considère que je suis compatible avec Jean-Martin Mondoloni ! »


Calvi

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Le 03 Novembre 2017


- Pourquoi avez-vous décidé de soutenir la liste de Jean-Martin Mondoloni ?
- Depuis 1982, pour la première fois, la gauche non-communiste, représentant les Socialistes républicains, les Radicaux, les Divers Gauche, voire même certains Divers Droite qui nous ralliaient de temps en temps sur une élection comme celle-ci, ne sera pas présente au scrutin territorial. Dès lors que cette sensibilité politique, à laquelle j’ai toujours adhéré, n’est pas sur les rangs, je retrouve mon entière liberté. Je considère que je suis compatible avec Jean-Martin Mondoloni.

- Est-ce en soutien de Santa Duval, votre conseillère municipale ?
- Une de mes conseillères municipales, issue d’une vieille famille Divers droite, figure en bonne position sur la liste de Jean-Martin. Disons-le tout de suite : cela n’a pas fait l’objet d’une négociation ! Nous ne sommes pas en recherche de places ! Surtout pas ! Il se trouve que Propriano sera représenté en 8ème place, mais Propriano n’aurait pas figuré sur la liste, il n’y aurait pas eu de conseillère municipale, j’aurais quand même voté pour Jean-Martin. Il ne s’agit pas d’obtenir une place à un rang éligible, je n’en suis pas là ! Ma carrière politique est derrière moi !

- On vous attendait ailleurs, sur une liste de Gauche… Pourquoi n’est-ce pas le cas ?
- Si j’avais du être quelque part, j’aurais conduit une liste de la Gauche Républicaine regroupant tout ce qui a fait l’histoire politique des Socialistes républicains et des Radicaux de gauche, ainsi que d’autres personnes qui, sans être militants de ces deux partis, ont soutenu de fortes personnalités de gauche comme Nicolas Alfonsi, Emile Zuccarelli, Paul Giacobbi ou Simon Renucci. J’avais annoncé, dès le mois de janvier, que je ne me représentais pas, mais que je ne resterai pas inerte. J’ai essayé de faire tout mon possible pour qu’une liste regroupant les tendances dont je viens de parler, plus la République en Marche qui vient de naître, puisse voir le jour. Cela n’a pas été possible, hélas ! Je le regrette !

- Comment expliquez-vous que le groupe de Corte n’ait pas réussi à monter une liste ? Jean Zuccarelli parle d’un manque de courage…
- Il y a deux facteurs. D’abord, la défaite de 2015 a laissé des traces. Ensuite, nos leaders ont passé la main. Le seul, qui aurait pu faire la jonction entre les générations, c’est moi ! J’ai 61 ans, je ne suis pas si vieux que ça ! Au delà de mes problèmes de santé, j’avais décidé de renoncer et de laisser la place à de nouvelles générations parce que ça fait 20 ans que je siège d’abord au Conseil général, devenu départemental, puis à la Région. Je considérais qu’il fallait l’avènement d’autres générations. Hélas ! Personne n’a été en état de reprendre le flambeau ! Je le regrette ! J’ai, peut-être, ma part de responsabilité : je n’aurais pas du renoncer si tôt ! Quoiqu’il en soit, pour des raisons éthiques, je ne pouvais pas poursuivre dans des fonctions à l’Assemblée de Corse.

- C’est-à-dire ?
- Qu’on soit dans la majorité ou dans l’opposition, il y aura beaucoup de travail. Réussir la collectivité unique ne sera pas une mince affaire ! C’est même une affaire qui occupera 18 heures sur 24 l’ensemble des conseillers territoriaux.

- Pourquoi ne soutenez-vous pas Jean-Charles Orsucci qui faisait partie de votre majorité sous l’ancienne mandature ?
- Quand nous nous sommes rencontrés à Aleria avec Jean-Charles Orsucci, je conduisais plus ou moins la délégation de ce que les médias ont appelé « le groupe de Corte ». Je lui ai dit : « Es-tu Jean-Charles en accord avec l’interview donnée par le président de la République, alors qu’il n’était encore que candidat, au journaliste Jean-François Aquilli d’In Corsica ? ». Il m’a dit : « Je ne veux pas me renier sur le statut de résident, sur l’amnistie et sur la coofficialité ». A partir du moment où j’ai compris qu’il était en décalage avec le président de la République qui venait, pourtant, de lui donner l’investiture, il n’était pas possible que je soutienne sa liste.

- Des deux listes de droite en présence, qu’est-ce qui a motivé le choix de Jean-Martin Mondoloni plutôt que de Valérie Bozzi ?
- J’ai beaucoup de sympathie pour Valérie Bozzi. Je souhaite de tout cœur qu’il y ait une union au 2ème tour pour créer les conditions d’une alternative. Je considère qu’il faut rassembler les gens. J’espère que s’opèrera une démarche consensuelle, non pour chasser les Nationalistes du pouvoir régional, mais pour offrir une alternative sérieuse et crédible à leur non-bilan. Depuis deux ans, ils n’ont rien fait, à part de la communication ! Il faut réussir la collectivité unique. Je crois très sincèrement que seul, Jean-Martin Mondoloni est capable d’être un président de l’Exécutif à plein temps.

- Etes-vous pour la constitution d’un front républicain ?
- Surtout pas ! Je ne suis en guerre contre personne, je récuse cette notion de front républicain.

- La jugez-vous contreproductive ?
- Tout à fait ! Je veux qu’on propose quelque chose. C’est pourquoi j’ai choisi Jean-Martin Mondoloni et pas quelqu’un d’autre, son programme pragmatique m’a séduit. C’est incontestablement un homme de droite, mais d’une droite ouverte. En plus, c’est un enseignant, donc il a été à l’école de la République. C’est un Régionaliste, mais un Républicain convaincu, là-dessus, il n’y a pas de discussion ! C’est un Gaulliste social, comme l’était Jacques Chaban-Delmas ou plus récemment Philippe Seguin. A peu de choses près, je me retrouve dans son programme qui met l’accent sur le développement économique, la santé, le social, l’environnement, la formation… sur du concret. J’ai, donc, décidé de soutenir sa liste.

- Vous êtes contre le front républicain, mais vous appelez à l’union des partis traditionnels, n’est-ce pas la même chose ?
- Non ! Si c’était un front républicain, ce serait « Tous contre les Nationalistes ! », or le Front de Gauche, France Insoumise et le Parti Communiste ne viendront pas dans cette coalition de 2ème tour. Il ne s’agit, donc, pas du tout d’un front républicain ! Il appartiendra à Jean-Martin Mondoloni, s’il sort en tête de l’opposition, de fédérer les uns et les autres, non contre la majorité sortante nationaliste, mais autour d’un projet qui consisterait à réussir la collectivité unique. On n’aura pas le temps de débattre des sempiternelles choses qui empoisonnent la vie politique insulaire. Il faut parler du concret !

- C’est-à-dire ?
- Exemple très concret : les déchets. Il faudra bien traiter ce problème autrement que par un programme surréaliste et inapplicable ! Exemple autrement plus concret aussi : le port de la Carbonite. Pourquoi abandonner un tel projet qui sera créateur d’emplois, et donc de richesses et de développement économique pour la Corse ?

- Dans quel état se trouve la Gauche aujourd’hui ?
- Je suis de Gauche, je suis né à Gauche, je mourrai à Gauche, mais je suis compatible avec la démarche de Jean-Martin Mondoloni. Je vais le soutenir à fond dans cette élection. Ensuite, je vois toute cette gauche non-communiste orpheline. Il faudra bien, au mois de janvier, reconstruire quelque chose. Je suis prêt à porter ma pierre à l’édifice, je le ferai de manière d’autant plus décontractée et naturelle que je ne réclamerai plus rien. J’ai déjà annoncé que je ne serais plus candidat à rien. Sauf peut-être à la mairie de Propriano, mais la décision n’est pas encore prise.

Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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