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Prossima : 7 millions € pour revitaliser le commerce de proximité dans les villes et villages
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Prossima : 7 millions € pour revitaliser le commerce de proximité dans les villes et villages


Calvi

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Le 30 Mars 2018


- Quel est l’objet du rapport Prossima adopté aujourd’hui ?
- Prossima a été présenté dans le cadre du SRDEII, voté, mais non encore mis en œuvre. Le rapport adopté ce jeudi acte le lancement de l’appel à projets qui débutera formellement le 2 avril prochain pour une durée de 3 mois. Il appelle les EPCI et les entreprises à candidater pour les mesures proposées.

- Quelle est la spécificité du dispositif Prossima ?
- Prossima est un acronyme qui désigne un programme de restructuration organisée de l’activité et de soutien stratégique à l’immobilier d’entreprise et aux activités. En clair, il s’agit d’aider les centres-villes, le monde rural et les zones commercialement en difficulté à mieux résister et à se développer par rapport à un certain nombre de problématiques actuelles. A savoir l’urbanisme commercial galopant, l’aménagement économique du territoire ou la montée de l’e-commerce qui fait que beaucoup de Corses, comme d’Européens, achètent pour l’essentiel par Internet et non plus auprès d’enseignes de proximité. On parle beaucoup des difficultés liées à l’économie de franchise qui se développe en Corse. Tous ces paramètres nous ont conduit à formaliser une proposition forte. Sans clore le débat, nous avons voulu y opposer des réponses concrètes.

- C’est-à-dire ? Comment aider, à la fois, les centres-villes et les villages ?
- Ce sont des mesures distinctes. Un appel à projets concerne le milieu urbain et un autre, le milieu rural. Notre volonté est d’aider, avec des pistes très concrètes, la création rurale de marchés couverts, la modernisation des commerces, la création de cellules commerciales et de fonds de commerce, via l’Office foncier. Les propositions sont chiffrées et financées. Le Conseil Exécutif et l’ADEC posent, aujourd’hui, un acte politique très concret, très rapide et très fort.

- Quels sont les sommes en jeu ?
- Prossima, c’est 7 millions € dont 5 millions € pour le commerce et 2 millions € pour la constitution de cellules. A ce montant global, s’ajoutent 3 millions € libérés par le PEI (Programme exceptionnel d’investissements) sur la structuration des filières, qu’elles soient artisanales ou commerciales. Egalement les projets et financements « Cœur de ville » dans lesquels sont notamment inscrits Aiacciu et Bastia, ainsi que le FISAC (Fonds d'intervention pour la sauvegarde de l'artisanat et du commerce) qui concerne beaucoup de cœurs de ville et au financement duquel nous contribuons. Sans oublier l’aide aux entreprises qui continue, notamment via l’ADEC. Nous avons, ainsi, bâti une force de percussion et de revitalisation de l’économie de proximité sans précédent.

- Avec quel délai à la clé ?
- Cet argent peut être consommé très rapidement, dans les 12 à 15 mois qui viennent. Nous voulons aller très vite. Nous souhaitons que le délai ne dépasse pas six ou huit mois entre le dépôt du dossier et le paiement du porteur de projet ou de l’EPCI.

- La droite vous a interrogé sur ce délai qu’elle juge trop long. Qu’en pensez-vous ?
- Question légitime que j’entends. Il y a eu une forme de confusion que je veux dissiper totalement. La droite évoquait le délai de signature des conventions avec l’EPCI, ce qui est un sujet distinct. Les six mois, dont nous parlons, sont très courts et différents de ceux que nous demandons pour signer les conventions avec les territoires. En clair, en six mois, nous ferons beaucoup plus que ces six dernières années. Il s’agit, à la fois, de conventionner avec les territoires et de déployer la mesure Prossima qui obéit à une logique différente. Six ou huit mois pour conventionner avec tous les EPCI dans des domaines de toute nature, et six mois à peine pour payer les dossiers Prossima.

- Jean-Charles Orsucci s’est inquiété du fait que seules les EPCI peuvent conventionner, et non les maires. Trouvez-vous sa crainte légitime ?
- La question est légitime et juste. Mais, les EPCI sont, depuis la loi NOTRe et les SRDEII, les chefs de file des territoires en matière de développement économique. Il peut exister un contentieux en matière d’aménagement entre l’Intercommunalité et une commune-membre. Si tel devait être le cas, nous entendrons l’Interco et surtout le maire dont les positions seraient intégrées et prises en compte par nos soins. Il n’y aura pas, pour nous, d’opposition, entre la volonté d’une Interco ou d’un Conseil communautaire, et celle d’un maire ou d’un Conseil municipal. Nous voulons harmoniser les deux.

- Et si ce n’est pas possible, que ferez-vous ?
- En cas de difficultés ou d’arbitrage un peu douloureux, nous prendrons naturellement nos responsabilités. Mais je ne vois pas de difficultés dans cette mise en œuvre. Nous souhaitons que les EPCI, à chaque fois que c’est possible, soient les points d’entrée, et qu’ils déposent les dossiers Prossima. Si ça ne peut pas être le cas, nous verrons avec les entreprises et les consulaires, mais, j’ai insisté lourdement sur ce point : la nouveauté de Prossima est, aussi, une nouveauté au plan de la méthode.

- C’est-à-dire ?
- Nous associons, à égalité de droits et de devoirs, les consulaires, les EPCI et la Collectivité de Corse, via l’ADEC. C’est une révolution dans l’action économique qui est, effectivement, concrètement décentralisée et territorialisée. Ce n’est plus la Collectivité, comme on pouvait le craindre par le passé ou encore aujourd’hui, qui décide de tout. Mais elle articule une relation nouvelle avec les territoires et les Chambres consulaires qui déploient, de concert, une action efficace et rapide.

- Vous avez parlé d’un référent par territoire. De quoi s’agit-il ?
- L’idée est que les chargés d’affaires, en fonction de leur région d’origine, de leurs compétences techniques ou de leur sensibilité propre, soient désignés pour chacun des territoires avec lesquels nous allons conventionner. Territorialiser l’action de l’ADEC pour que les chargés d’affaires se spécialisent et soient en mesure de répondre aux attentes particulières d’un territoire. Les EPCI auront un référent unique au sein de l’ADEC. C’est aussi une nouveauté !

- Vous avez également évoqué la nécessité de faire des diagnostics ?
- Oui ! Notre idée est que les territoires sont les premiers à savoir quels sont les besoins exprimés et la nature des réponses à apporter aux attentes des acteurs économiques. Là aussi, nous n’avons pas à nous substituer aux territoires et à réaliser à leur place un diagnostic. C’est à eux qu’ils incombent de le faire. Nous intervenons en cofinancement et en matière d’ingénierie que nous pouvons mobiliser pour aider un territoire à le réaliser. Ce diagnostic est capital parce que c’est lui qui permettra de mieux centrer et de mieux cibler l’action économique que nous déployons.

Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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