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Roccu Garoby : « J’ai reçu mandat du PNC pour être candidat aux élections européennes »
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Roccu Garoby : « J’ai reçu mandat du PNC pour être candidat aux élections européennes »


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Le 25 Juin 2018


- Pourquoi avez-vous décidé de vous porter candidat aux élections européennes ?
- Le but est de se présenter aux élections européennes de l’année prochaine avec un triple mandat que j’ai reçu lors de l’assemblée générale du PNC. Premièrement, rassembler à minima toute la majorité territoriale en Corse. Deuxièmement, rassembler tous nos partenaires de Régions & Peuples solidaires en France. Troisièmement, négocier à Paris un accord politique global qui comporte un contenu politique pour faire avancer nos fondamentaux, une stratégie électorale et une composition de la liste permettant à notre famille politique, qui compte dans l’espace corse et dans l’espace français, de retrouver sa place et d’être enfin représentée au Parlement européen.

- Ne craignez-vous pas que votre déclaration de candidature unilatérale ne froisse vos partenaires ?
- C’est ma mission, à partir d’aujourd’hui, de rassembler et de discuter avec eux. Dès ce soir, je prendrai contact avec nos partenaires de la majorité territoriale pour expliquer cette démarche et cette volonté, leur expliquer que ce n’est pas Roccu Garoby ou le PNC tout seul qui sont concernés, mais la majorité territoriale toute entière, et qu’il faut discuter avec nos partenaires de R&PS. J’étais, cette semaine, en Bretagne où j’ai rencontré l’UDB (Union démocratique bretonne). J’étais la semaine dernière en Alsace où j’ai rencontré Unser Land dont le représentant est venu en Corse, il y a quelques semaines. Je serai bientôt au Pays Basque pour discuter avec nos partenaires basques. Je discuterai avec tous nos partenaires qui viendront à notre université d’été. Ma candidature n’est pas une aventure individuelle parce qu’il ne peut pas y avoir d’aventure individuelle dans notre combat. C’est forcément une aventure collective.

- Pensez-vous parvenir à rassembler ?
- Je pense modestement que je peux travailler et réussir cela. Je pense aussi que si on veut raisonnablement porter la voix d’une autre Europe à Bruxelles, il faut se consacrer du premier au dernier jour à cette mission. On ne peut pas avoir un autre mandat ou une autre responsabilité, avoir un calcul politique qui voudrait qu’on se présente à cette élection pour peser dans la suivante. Non ! Si je suis candidat et si je suis élu, c’est pour être du premier au dernier jour uniquement consacré à cette mission-là : la question européenne, la question de nos territoires, de nos peuples, de nos régions et le rapport entre ces peuples, ces régions et l’Union européenne. J’aimerais représenter, à la fois, toute la famille nationaliste en Corse et tous nos partenaires de toutes les régions et tous les peuples en France.

- Avec un scrutin désormais national, l’élection n’était-elle pas encore plus compliquée pour la Corse ?
- Nos députés à Paris – et je me souviens encore de l’intervention de Jean-Félix Acquaviva – essayaient d’expliquer que, pour démocratiser l’élection, il fallait la rapprocher des citoyens avec une région = une circonscription. Malheureusement, l’Etat a décidé de déterritorialiser l’élection, d’éloigner l’Europe des citoyens en faisant une circonscription unique. On peut le regretter et on le regrette ! Désormais, les règles sont celles-ci avec un seuil à 5%. Seule, la Corse ne pourrait pas avoir de député. Si tous les Corses demain votaient pour la même candidature, il n’y aurait pas de député corse. Donc, nous devons discuter avec des partenaires à Paris.

- Quelle liste nationale espérez-vous intégrer ?
- Pour moi, il y a deux approches à avoir. La première est de voir avec qui on ne peut pas aller. On n’a rien en commun avec l’Extrême-droite. On ne peut pas aller avec des Jacobins. On ne peut pas aller avec la République en Marche quand on voit comment le président de la République traite la Corse, quand on voit même ce qu’il s’est passé, il y a quelques jours, à Quimper en Bretagne. On ne peut pas aller avec ceux qui ont été aux responsabilités, comme le Parti socialiste ou Les Républicains. La seconde approche est de regarder avec qui on pourrait aller et avec qui on partage des idées.

- Par exemple, les Ecologistes ?
- Oui ! Je n’oublie pas qu’en 1989, Max Simeoni a été élu avec les Ecologistes. Je n’oublie pas que depuis 1999, l’Alliance libre européenne (ALE), dont nous sommes membres, siège avec les Ecologistes européens au Parlement européen. Je n’oublie pas qu’en 2009, François Alfonsi a été élu sur une liste Europe Ecologie-Les Verts. Donc, c’est logique que, dans cet espace-là de l’écologie politique, un dialogue se fasse très rapidement. Je rajoute un élément : on ne peut pas avoir lutté contre les essais nucléaires à l’Argentella, contre les boues rouges, contre le Vazzio et la centrale de Lucciana, contre la bétonisation de nos côtes… sans être des Ecologistes ou, en tous cas, des protecteurs de l’environnement. C’est un élément fondamental du mouvement national. C’est, donc, normal et naturel qu’on se retrouve dans cet espace-là.

- Pour être élu, encore faut-il décrocher une place éligible sur une liste où elles sont limitées. Est-ce vraiment jouable ?
- Oui ! Pour plusieurs raisons. D’abord, il y a des conditions à remplir. C’est pour cela que la question du rassemblement en Corse est primordiale. Si nous ne sommes pas unis en Corse avec la majorité territoriale toute entière à minima – j’insiste -, à mon avis les chances seront réduites. De la même façon, si nous ne sommes pas réunis tous ensemble à Régions & Peuples solidaires, tous les autonomistes de Bretagne, d’Alsace, du Pays basque, de Catalogne, de Savoie et d’Occitanie, pour soutenir cette démarche. Ensuite, cela reste une discussion avec nos partenaires. Les premiers échos, que nous avons, montrent que certains sont intéressés pour venir avec nous. Mais, je le répète, notre démarche n’est pas électoraliste. Nous n’irons pas juste pour avoir un strapontin ! Nous voulons un accord politique global, des contenus pour faire avancer nos idées, une stratégie sur la façon de les présenter et un accord de liste parce qu’effectivement, ce qui compte dans une élection, c’est d’avoir au moins un élu. Je suis conscient que les conditions ne sont pas faciles à remplir. C’est pour cela qu’en partant dès aujourd’hui, onze mois à l’avance, on se donne la possibilité d’y arriver. Ce sera notre objectif pour les onze prochains mois.

- Vous défendez l’idée d’une autre Europe. Laquelle exactement ?
- Depuis maintenant huit, voire dix ans, je défends, par des écrits et des conférences, l’idée qu’il existe une autre Europe à côté de l’Europe des Etats et de la finance qui prime aujourd’hui. Sans sortir de l’Union européenne et revenir dans un face à face mortel avec Paris et dans une confrontation directe, l’idée est de dire qu’il existe une autre voie, celle de l’Europe des peuples. Une Europe démocratique qui s’appuie notamment sur le principe des peuples à disposer d’eux-mêmes, une Europe durable qui respecte l’environnement et assure une solidarité entre les peuples. Une Europe de la diversité pleine et entière, pas seulement la langue et la culture des Etats. Une Europe des valeurs, aussi. On ne peut pas continuer avec des prisonniers politiques en Catalogne ou avec cette incohérence qui nous voit être les premiers donateurs d’aide humanitaire à l’étranger tout en poursuivant un libre-échange meurtrier, voire dangereux, avec les pays les plus pauvres de la planète. C’est cette idée d’une Europe plus juste, plus durable, plus solidaire qu’on va défendre pendant cette campagne.

Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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