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Territoriales : La colère de la droite bastiaise mise à l’écart par les deux listes libérales !
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Territoriales : La colère de la droite bastiaise mise à l’écart par les deux listes libérales !


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Le 02 Novembre 2017


- Participerez-vous à cette élection territoriale ?
- Jean-Louis Milani : Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas été consultés. Notre groupe, partie prenante de la majorité municipale bastiaise, n’a été associé, ni aux réflexions, ni à la stratégie, ni à la constitution des listes de notre famille politique : la droite. Certains colistiers d’une des deux listes candidates nous ont même agressés ! Ils sèment la division là où il faudrait être unis. L’autre liste nous a ignorés.
- Jean-Joseph Massoni : Je déplore que, dans cette élection, la droite a des candidats, surtout en Haute-Corse, qui se complaisent dans les divisions et les critiques personnelles ! On néglige notre poids politique, c’est l’affaire des têtes de liste !

- Pourquoi vous ont-ils ignorés ?
- Jean-Louis Milani : Je ne sais pas ! Je ne suis pas co-auteur des listes, donc je ne sais pas quelle peut être leur motivation. Je pense, néanmoins, qu’il y a deux ingrédients à la réussite : le premier est d’être unis, ce que je demande à voir malgré les déclarations. Le second est de ne pas semer la discorde.
- Jean-Joseph Massoni : Je ne me l’explique pas, d’autant qu’en ce qui me concerne, je n’ai pas d’ambition territoriale. Je me consacre à mon mandat municipal et à la gestion de la ville de Bastia, je veux rendre aux Bastiais, pendant ces six ans, la confiance qu’ils m’ont accordée. C’est tout ! Ceci dit, les seules personnes de droite qui font de la politique, aujourd’hui, à Bastia, et qui occupent le terrain, c’est le groupe « Bastia, avant tout », le groupe de la majorité municipale. Nous faisons de la politique au quotidien. Nos bureaux sont ouverts tous les jours et je reçois tous les jours des Bastiais qui nous sollicitent. Si les leaders des listes ne veulent pas nous solliciter, c’est leur problème !

- Est-ce votre alliance municipale bastiaise qui ne convient pas à certains élus de droite, Stéphanie Grimaldi et Sylvain Fanti annoncent déjà qu’ils se présenteront à Bastia en 2020 ?
- Jean-Joseph Massoni : Si c’est leur désir, ils n’ont qu’à présenter une liste contre nous ! Les Bastiais ne seront pas dupes ! Ils voteront pour les personnes qui sont accessibles, qui travaillent pour Bastia et qui sont à leur service au quotidien. Ils ne voteront pas pour des gens qui apparaissent deux mois avant une élection et disparaissent tout de suite après ! Notre alliance municipale est une bonne alliance. S’il y a une droite régionaliste, corsiste ou autonomiste aujourd’hui, nous l’incarnons ! Nous sommes, d’ailleurs, les seuls à l’incarner ! Nous travaillons très bien avec la mouvance Inseme au sein de la municipalité bastiaise.
- Jean-Louis Milani : Si nous déplorons n’avoir été associés à rien, je rappelle que nous n’avons rien revendiqué sur les listes. Notre postulat de départ était de revendiquer notre part de travail et de réflexion dans une démarche collective. Nous condamnons la méthode, pas les hommes. Par contre, certains n’hésitent pas à nous condamner ! Au moment où tout devrait être mis en œuvre par les acteurs de la famille libérale pour former une liste unie, ou au moins deux listes qui prêchent l’union, force est de constater que nous subissons une agression à travers des déclarations de presse que nous avons pu lire et qui nous font penser que nous sommes mis à l’écart par au moins une des deux listes !

- La droite bastiaise sera-t-elle non représentée et absente de la campagne électorale ?
- Jean-Louis Milani : Que l’on mette nos personnes de côté n’est pas un problème dans la mesure où nous ne revendiquons rien ! Mais que l’on ne tienne pas compte de la représentativité de Bastia dans la constitution des listes me paraît une aberration ! C’est encore un mauvais coup porté à la droite bastiaise que certains jugent faiblarde, vieillotte… Tous ces propos, qui servent la discorde, sont déplacés et ne sont pas de bon augure pour la famille libérale.
- Jean-Joseph Massoni : C’est une grosse aberration que Bastia ne soit pas représentée sur les listes de droite. D’abord, parce qu’il y a un potentiel de voix. Notre poids politique est mésestimé, aujourd’hui. Ensuite, je le dis et je le répète, le groupe de droite de la majorité municipale fait un excellent travail et occupe le terrain au quotidien. Ce sont les seuls élus de droite à être sollicités par les Bastiais et à travailler pour la ville.

- Dans ces conditions, qu’allez-vous faire ? Allez-vous quand même soutenir une liste ou rester chez vous ?
- Jean-Joseph Massoni : Pour l’instant, nous n’avons été sollicités par aucun candidat ! Nous n’avons aucun contact avec aucune liste. Donc, pour l’instant, nous ne bougeons pas ! Nous verrons bien comment ça va se passer.
- Jean-Louis Milani : Une des deux listes nous a mis carrément hors-jeu ! Par les déclarations de certains de ses colistiers et non des moindres, cette liste a choisi que nous ne serions pas avec elle. Il ne reste plus qu’une liste. La conclusion est vite trouvée !

- Vous soutiendrez, donc, la liste de Jean-Martin Mondoloni ?
- Jean-Louis Milani : Je suis à droite, jusqu’à preuve du contraire. Notre groupe aussi. Au contraire de certains autres, nous l’avons démontré lors des Primaires de la droite où notre groupe a soutenu Alain Juppé, et aux élections législatives où nous avons soutenu le candidat de droite, malgré certaines de ses déclarations que personne n’a comprises ! Nous sommes fidèles à nos idéaux.
- Jean-Joseph Massoni : Pour ma part, je me vois mal à 60 ans être le porteur d’eau de candidats qui se complaisent dans la division et dans la querelle de personnes.

- Comment réagit l’électorat bastiais ?
- Jean-Louis Milani : Il a horreur de la division ! On s’en est aperçu aux élections territoriales de 2015 où la droite avait deux listes. Si on additionne les voix obtenues par ces deux listes, on n’arrive pas à 1300 voix. Aujourd’hui, l’électorat est démobilisé. Il n’y a pas de débat ! On assiste plus à une lutte pour obtenir un poste, une place ou un rang sur la liste qu’à une divulgation de programmes qui, d’ailleurs, n’ont pas été discutés en interne. Ils sortent comme ça du chapeau ! Je le regrette ! Nous aurions pu apporter notre contribution. Beaucoup de maires auraient aimé être associés, préparer un programme, débattre d’idées… Mais, chez nous à droite, le débat fait défaut !

- C’est-à-dire ?
- Jean-Louis Milani : Les instances du parti ne sont jamais le siège du débat. On ne débat jamais sur les sujets qui traversent la société corse ! Les Arrêtés Miot, les transports, le PADDUC, le statut de résident… qu’on soit pour ou contre, on n’en a jamais débattu ! Des positions sont affichées par telle ou telle personnalité de droite, elles ressemblent plus à des positions personnelles, même si certaines peuvent être partagées par le plus grand nombre. Surtout, elles n’ont jamais été débattues.

- La droite souffre-t-elle toujours d’une guerre des chefs et des ego ?
- Jean-Louis Milani : Ce n’est pas la guerre des chefs ! On est arrivé à un stade où il n’y a plus de chef ! A Bastia, nous ne revendiquons rien, seulement le droit d’être entendus, le droit de proposer, de débattre… Notre ambition s’arrête là, parce qu’à Bastia, nous faisons partie d’une majorité plurielle, nous avons un contrat de mandature et notre groupe entend s’y tenir. Nous respectons nos engagements pour autant que nous sommes respectés, et nous le sommes par nos partenaires.

- Que pensez-vous du front républicain dont on parle tant ? Est-ce pertinent ?
- Jean-Joseph Massoni : Le front républicain, ce sera surtout un moyen pour pousser les électeurs de la famille libérale à rejoindre les Nationalistes ! Je suis contre le front républicain ! Aujourd’hui, on peut travailler avec les Nationalistes. On le prouve à la mairie de Bastia au quotidien. Gilles Simeoni a été très clair sur l’indépendance, il a dit et réaffirmé qu’il n’est pas dans une démarche d’autodétermination ou d’indépendance, mais dans une démarche d’autonomie. Cela nous convient parfaitement !

Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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