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Ajaccio : Stéphane Sbraggia explique pourquoi le dossier « Fond de baie » ne pouvait aboutir !
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Ajaccio : Stéphane Sbraggia explique pourquoi le dossier « Fond de baie » ne pouvait aboutir !


Calvi

Par

Le 22 Août 2018


"Il est vrai que l’aménagement du fond de baie constitue un enjeu urbain stratégique majeur pour la ville d’Ajaccio. Il est également vrai que la propriété foncière est détenue quasi exclusivement par une collectivité (la CdC) autre que la ville qui est la première concernée par l’aménagement de cet espace. Mais par-delà ces deux réalités que chacun connait, il importe de comprendre qu’un tel projet impose avant tout une capacité à projeter précisément les transformations urbaines que l’on juge fondamentales pour l’avenir de la ville" précise, d'emblée, Stéphane Sbraggia.

Cette capacité à se projeter dans l’avenir, en d’autres termes cette capacité à construire son projet urbain, n’existait pas sur le territoire au moment où les collectivités et institutions locales ont commencé à se poser la question du réaménagement du fond de baie : « De fait, ce dossier a été abordé dans le passé comme la juxtaposition de préoccupations spécifiques souvent portées par un acteur unique et sans vision globale partagée » poursuit Stéphane Sbraggia. "La CCI s’intéressait au projet fond de baie à travers ses projets de délocalisation portuaire. La Collectivité de Corse, pour l’essentiel autour de son chemin de fer et de son devenir. La ville, à travers la problématique de la circulation et de l’urticante question de désengorgement de son entrée Est, carrefour du Mercure compris. En clair, le grand absent de ce dossier était bien à l’époque la définition de l’ambition urbaine que l’on souhaitait donner à la transformation de cet espace. Des arbitrages politiques sont le socle indispensable à la construction d’un projet de cette ampleur".

Au cœur de ces arbitrages se situent, pour le 1er adjoint ajaccien, des questions aussi importantes que :
"- Le fond de baie doit-il devenir un front de mer ou, pour le dire autrement, cet espace doit-il être un morceau de ville à part entière ou au contraire une frange industrielle liée à l’exploitation portuaire ?
- La gare Abbatucci qui, comme toutes les gares historiques, se situe en cœur de ville, doit-elle être délocalisée à l’entrée de la ville et si oui, quelles conséquences devra-on assumer ?
- Les grands quartiers sociaux, dits quartiers « politiques de la ville », doivent-ils, à l’occasion de cette reconquête du front de mer, retrouver un accès, une connexion à celle-ci, ou sont-ils condamnés à rester séparés de l’eau par des infrastructures juxtaposées qui font la part belle à la seule automobile ?
- Doit-on considérer que la solution au désengorgement de la ville passe inéluctablement par l’augmentation de la taille des tuyaux à voitures ou au contraire par l’émergence des transports collectifs et des modes actifs ?"

" Ces quelques illustrations montrent à minima deux choses. Tout d’abord, il ne peut y avoir sur le projet de reconquête urbaine du front de mer d’Ajaccio qu’un seul pilote, et c’est la Ville, car il s’agit d’urbanisme et non pas de voirie ou encore de développement économique même si ces dimensions doivent y trouver leur place. Par ailleurs, il ne saurait y avoir d’avancée réelle sur un tel dossier sans une capacité préalable d’expression d’un projet urbain. Dès lors, l’aménagement devient un moyen au service d’une vision et non pas une fin en soi". Or, estime Stéphane Sbraggia, " Ne disposant pas de cette vision, les tentatives précédentes ont forcément avorté, y compris après que la Collectivité de Corse ait lancé un concours et financé des professionnels dont le travail techniquement aussi bon soit-il, avait le handicap rédhibitoire ne se fonder sur aucune prospective urbaine politique assumée".

Stéphane Sbraggia conclut qu'il faut "se donner les chances d’aboutir sur ce dossier de manière efficace et durable. Cela nous semble devoir nécessiter de choisir et d’argumenter autour des postulats de base suivants :
- Traiter cet aménagement comme un aménagement urbain dont seule la ville doit être le pilote, ce qui n’exclue pas bien sûr, une gouvernance élargie aux autres partenaires institutionnels, mais sans se tromper dans l’ordre des prérogatives.
- Accepter l’idée simple que l’aspect stratégique de ce lieu imposera de faire des choix dans les usages qu’il devra supporter. Tout compromis trop poussé finit souvent en compromission. Des choix devront donc être faits.
- Dans l’intitulé même, et ceci n’est pas un détail, savoir si l’on parle d’un espace ouvert vers la mer et donc d’un front de mer ou au contraire d’un fond de baie donc d’un espace marin refermé vers la terre.
- Accepter d’y privilégier le partage et le passage ou au contraire le refermer sur lui- même pour des raisons de risques, de sécurité industrielle…
- Accepter d’en faire un nœud routier de communication ou au contraire une esplanade déjà urbaine dans laquelle la voiture perd ses droits.
- En faire le support d’un corridor vert en cœur de ville ou une autoroute urbaine".
 



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