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David Brugioni : « A Centuri, certains s’imaginent qu’ils sont au-dessus des lois. En rêve ! »
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David Brugioni : « A Centuri, certains s’imaginent qu’ils sont au-dessus des lois. En rêve ! »


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Le 30 Août 2018


- Cette conférence de presse était prévue avant les évènements, quel est son objet ?
- J’ai voulu faire passer un message à la population, surtout faire taire les rumeurs et la désinformation, et rappeler clairement que, malgré ce que prétendent certains, les plaintes et les affaires révélées à Centuri ne sont pas classées ! Nous avions programmé de nous exprimer bien avant les récents évènements. Le 14 août, nous décidons avec Dominique Yvon d’Anticor d’une conférence de presse pour dénoncer le climat délétère qui règne sur la commune et faire un point sur les affaires judiciaires en cours. Le 16 août, nous informons la presse de la date fixée au 29 août. Le 23 août, des tirs détruisent les caméras de vidéo-surveillance. Les deux évènements ont-ils un lien ? On s’interroge ! Quoiqu’il en soit, la population avait besoin de savoir que l’affaire judiciaire suit son cours.

- Pouvez-vous rappeler de quoi il s’agit ?
- A notre arrivée à la mairie, nous avons constaté qu’il manquait des documents et découvert toutes sortes d’infractions graves, notamment des faux en écriture publique liés à la Commission d’appel d’offres. Des fausses délibérations ont servi à acheter des terrains communaux. Nous avons déposé plainte sous l’article 40 comme la loi nous y oblige parce que si le Conseil municipal et le maire ne le font pas, ils deviennent comptables judiciairement de fautes commises par d’autres. L’enquête judiciaire a duré deux ans et s’est terminée par des poursuites engagées par le Parquet, un procès, un jugement et des condamnations. Sauf que l’avocat de la commune s’aperçoit que des infractions n’ont pas été poursuivies par le Procureur. Pourquoi alors que les gendarmes ont fait leur travail et accumulé les témoignages ? Je ne sais pas ! D’où une nouvelle plainte avec constitution de partie civile.

- Comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas encore de résultats ?
- La justice est longue. Elle manque peut-être de moyens pour avancer plus vite et nous sommes bien conscients qu’elle a à traiter des dossiers bien plus lourds et plus importants. C’est sûr que Centuri n’est pas une priorité. Mais, en attendant, nous subissons des attaques au quotidien. Des attaques personnelles : on s’en prend à ma maison avec des tirs de chevrotines. La violence est allée crescendo avec des menaces verbales, des intimidations, des insultes contre mes proches, ma femme, mes enfants, des courses poursuites en voiture… Mais aussi des destructions de biens publics : ce n’est pas la première fois qu’on tire sur les caméras. La lenteur de la justice donne de faux arguments à ceux qui sont derrière ces violences et qui disent partout que rien ne se fera.

- Est-ce pour cela que vous avez alerté Anticor ?
- C’est Anticor qui m’a contacté suite aux tirs sur ma maison. Mr Vincent Carlotti et Mr Dominique Yvon sont venus à la mairie de Centuri pour tenter de se rendre compte de ce qui se passait sur la commune. Je me suis contenté de leur montrer le registre des délibérations, ils ont tout compris ! Ce sont les seuls à avoir une oreille attentive et à réaliser ce que nous subissons tous les jours sans un soutien de la part de l’Etat, ne serait-ce que psychologique ! C’est une manière aussi de tirer un signal d’alarme sur le quotidien des maires. Une association de portée nationale comme Anticor a bien plus de poids que le maire de Centuri ! Un maire d’une petite commune, que peut-il faire ? Il apprend sur le tas comment fonctionne une commune, comment la gérer, comment respecter les règles. C’est la base.

- L’affaire n’est, donc, pas classée ?
- Non ! Absolument pas ! L’instruction est en cours. J’ai envoyé en mars des courriers au Premier ministre avec copies à la Garde des Sceaux et au ministre de l’Intérieur pour expliquer les faits et me plaindre de la lenteur de la justice. J’ai reçu les réponses ministérielles qui prouvent que les instructions sont bien en cours. C’est absolument faux de dire, comme le font certains, que l’affaire est classée sans suite et que le maire de Centuri soulève des problèmes qui n’existent pas. Des rumeurs fausses sont distillées au quotidien et alimentent une véritable entreprise de désinformation en disant notamment que j’outrepasse mes droits en faisant des choses que d’autres avant moi ne faisaient pas : application de la loi en urbanisme sur le territoire, réglementation de l’occupation du domaine public et du port de plaisance…

- Pourquoi dites-vous que ça ne se faisait pas avant ? Appliquer la loi, n’est-ce pas normal pour un maire ?
- C’est normal partout ailleurs ! Mais apparemment à Centuri, certaines personnes ne sont pas d’accord ! Je me heurte de leur part à un refus quotidien d’appliquer les décisions de la municipalité et de respecter la loi. Je tiens à rappeler que j’ai été élu en 2014 et que je n’ai pas de passé judiciaire. En face de moi, il y a plusieurs personnes qui ont déjà été condamnées par la justice. Comment peut-on accorder de crédits à leurs paroles ? Tout ce que je veux, c’est faire rentrer Centuri sur les bons rails, ceux du droit et de la légalité. On vient me dire qu’avant, à Centuri, on faisait ce qu’on voulait en matière d’urbanisme, qu’on occupait comme on voulait le domaine public... Et même : « Avec les caméras, on est trop surveillés » !

- Pourquoi avoir mis des caméras ?
- La vidéosurveillance visionne certains lieux publics : la mairie, les poubelles et le port. Elle ne filme absolument pas les espaces privés ou les commerces. Elle n’est pas faite pour surveiller, mais pour sécuriser l’espace public et prévenir les infractions. Avant notre arrivée, dans les locaux techniques des poubelles, étaient déposés en douce des huiles de friture, de vidange, des monstres… Depuis que nous avons installé les caméras, il n’y a plus aucun dépôt de ce genre. Sur le port, les plaisanciers se plaignaient de dégradations multiples et de vols divers : des vols d’essence, de batteries, de rames, de gilets de sauvetage… La Délégation de service public (DSP) nous impose de mettre en place une vidéosurveillance. Nous avons tout fait dans les règles.

- Des commerçants se plaignent que depuis que vous êtes maire, ils ne peuvent plus rien faire. Est-ce le cas ?
- Oui ! Ils ne peuvent plus rien faire d’illégal ! Ils ne peuvent plus, comme avant, obtenir un passe-droit pour un permis de construire, une occupation gracieuse du domaine public, une autorisation verbale pour construire une terrasse sur le domaine portuaire… Une partie de la population est nostalgique du système claniste et clientéliste dans lequel elle était rentrée. Il faudra bien qu’elle comprenne qu’avec ou sans moi à la tête de la municipalité, ce temps est révolu ! Pour occuper le domaine public, il faut une autorisation écrite et s’acquitter d’une redevance votée par le Conseil municipal : 10 € le m2 au mois. Certains trouvent ce montant excessif, c’est sûr vu qu’avant, ils ne payaient rien ! Comme ils trouvent excessif de payer 300 € à l’année et 180 € au mois pour un bateau de 5 mètres ! Nous avons régularisé l’occupation du domaine public !

- On vous accuse aussi de refuser les bals ?
- Non ! La loi, ce n’est pas moi qui la fait ! Sauf les jours fériés, un bal doit se terminer à 2 heures du matin. Pour faire un bal jusqu’à 5 heures du matin, il faut une autorisation préfectorale. Des commerçants avaient construit des terrasses dans l’illégalité la plus totale, sans autorisation, sans permis de construire, sans respect des règles de sécurité. Ces terrasses ne sont même plus couvertes par les assurances ! Les propriétaires risquent gros ! Le domaine public, qu’il soit communal, maritime ou portuaire, ce n’est pas un domaine privé où chacun fait ce qu’il veut ! Nous ne sommes absolument pas opposés à son occupation économique, à condition de respecter les règles et les lois en termes de sécurité, d’accessibilité, d’évacuation en cas d’urgence... On ne peut plus, comme avant, l’occuper sans contrôle, sans limite et sans limitation. S’il ne fait pas appliquer la loi, en cas d’accident dans un établissement non-conforme qui reçoit du public, en cas d’obstruction aux secours, le premier responsable est le maire. C’est pour cela qu’il y a des contrôles. Tout cela, certains ne le comprennent pas !

- Pourquoi ?
- C’est le résultat de 40 ans sans gestion communale, sans règles, sans DSP… On faisait ce qu’on voulait et certains n’arrêtent pas de dire qu’on va revenir comme en avant. Oui ! En rêve ! Alors, la nuit, on tire sur des caméras en oubliant qu’elles filment la personne armée et cagoulée en train de tirer (voir photo ci-après). La bande vidéo a été saisie et est entre les mains des enquêteurs. Certains s’imaginent qu’ils sont au-dessus des lois et le disent, mais, à Centuri comme ailleurs, personne n’est au-dessus des lois ! C’est pour cela que j’ai confiance en la justice, elle est un peu lente, mais elle arrivera à ses fins.

- N’êtes-vous pas inquiet ?
- Oui ! Je suis inquiet. Le climat de tension ne fait que s’aggraver. La tension monte, monte… ce n’est pas faute d’alerter à chaque fois. Avec les tirs sur la mairie, un nouveau cap a été franchi. C’est symbolique ! On vient de s’en prendre au bien commun. Dans d’autres communes, des maires ont aussi reçu des menaces de mort… Mais ça s’est calmé dès qu’ils ont porté plainte. A Centuri, ça continue… Et ça devient de plus en plus grave. Mais de toute façon, quoi qu’ils fassent, je le répète, avec ou sans moi, il n’y aura pas de retour en arrière !

Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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