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Emmanuelle De Gentili appelle la gauche progressiste à la rejoindre « pour établir une coalition » avec les Nationalistes
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Emmanuelle De Gentili appelle la gauche progressiste à la rejoindre « pour établir une coalition » avec les Nationalistes


Calvi

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Le 26 Septembre 2017


- Serez-vous présente à l’élection territoriale de décembre ?
- Oui ! Bien sûr, la Gauche autonomiste et progressiste, que j’incarne avec d’autres, désire être présente à cette élection. Elle a été sensible à l’appel formulé par Gilles Simeoni qui entend élargir le travail de construction de notre île dans le cadre d’une autonomie pleine et entière. Nous ne pouvons que nous inscrire dans la réflexion qu’il mène.

- Souhaitez-vous intégrer le quota d’ouverture de la liste Pè a Corsica ?
- Nous ne voulons pas rajouter de la confusion dans le débat. Nous voulons être présents pour réussir la mise en place de la collectivité territoriale unique dans de bonnes conditions en collaboration avec ceux qui sont susceptibles de construire sans agiter les peurs. Nous ne voulons pas entrer dans un débat anti- ou pro- nationaliste. Nous avons fait des choix très clairs depuis 2014 et nous souhaitons continuer à travailler de manière claire avec tous ceux qui vont dans ce sens. Les modalités ne sont pas encore définies, mais nous voulons discuter avec Gilles Simeoni pour voir si nous pouvons converger à un moment donné.

- Que vous inspire la liste En Marche et la candidature de Michel Barat ?
- Une candidature clairement identifiée uniquement sur le mouvement En Marche, nous ne nous y inscrivons pas du tout ! C’est une déclinaison nationale de la politique qui est menée par le président de la République et est complètement fermée à l’évolution de la Corse. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de signe d’ouverture. La désignation unilatérale, à-priori venue de Paris, de la candidature de Michel Barat n’est pas un signe qui nous encourage à aller dans ce sens.

- Etes-vous pessimiste quand à la volonté d’ouverture du gouvernement ?
- Mon sentiment est mitigé. Actuellement, le gouvernement ne montre pas de volonté d’ouverture. En même temps, il lui sera très difficile de rester sur ses positions concernant la région la plus décentralisée de France. La Corse a fait preuve de beaucoup de maturité dans ses choix et dans sa volonté de poursuivre encore plus avant la décentralisation qui a été menée depuis une quarantaine d’années par les gouvernements successifs, particulièrement les gouvernements de gauche.

- La gauche insulaire traverse une passe très difficile. Quelle vision en avez-vous ?
- La crise de la gauche insulaire n’est pas récente. Elle est latente depuis quelques années. Elle a plusieurs causes, notamment le clivage sur la vision alarmiste de l’idée régionaliste, voire autonomiste, et sur des positions conservatrices en termes de gestion et d’objectifs de développement. En ce qui nous concerne, il n’est pas question de regarder en arrière, mais plutôt d’essayer de bâtir un mouvement beaucoup plus ancré sur le local, qui tienne compte des parcours et des choix que nous avons fait dans les années passées. Nous assumons complètement tout ce qui a été défendu par le parti socialiste qui, depuis les années 80, a toujours été à la pointe des demandes de décentralisation, de mise en place des statuts particuliers… Nous souhaitons promouvoir une « décentralisation à la carte » qui permet à chaque région, et particulièrement à la nôtre, de récupérer partiellement ou complètement certaines compétences pour définir son propre modèle.

- Quel modèle pour la Corse ?
- Nous pouvons aller vers une autonomie beaucoup plus forte. Sans mettre de délai parce qu’il faut quand même le temps de l’appropriation. Il faut être capable de faire des démonstrations en termes de projets et de vision. Nous plaidons pour un projet qui s’articulerait autour du niveau de vie des Corses. A partir de là, on peut décliner tous les sujets.

- Gilles Simeoni dit que la droite et la gauche ont récupéré le mot autonomie sans y mettre un contenu. Quel contenu y mettez-vous ?
- J’y mets beaucoup de choses ! Je plaide pour la réforme de la Constitution afin d’y inscrire l’insularité. Par exemple, en termes de formation professionnelle, nous sommes calibrés sur un modèle national qui nous empêche de corriger certaines choses et d’associer les acteurs de terrain, syndicats ou entreprises, concernant les choix faits au niveau de l’Assemblée de Corse. L’Assemblée n’est qu’une caisse enregistreuse qui récupère les dotations nationales et les re-déploie alors qu’il faudrait changer le cadre d’actions. C’est impossible à faire puisque la Constitution ne reconnaît pas le caractère insulaire. De la même manière pour les déchets, il est nécessaire de travailler à la redéfinition des intercommunalités, or le cadre national ne nous permet pas d’adapter l’intercommunalité à une réalité économique, géographique et sociale. L’inscription de la Corse dans la Constitution nous permettrait d’adapter toutes ces mesures et d’avoir notre propre développement. La Corse étant huit fois plus petite que la plus petite des régions françaises, nous ne pouvons pas calquer notre développement sur l’ensemble des autres régions françaises.

- La droite et la gauche agitent le drapeau rouge de l’autodétermination et de l’indépendance. La craigniez-vous aussi ?
- Le travail, que nous avons fait depuis 2014 dans le cadre de l’alliance avec les Nationalistes modérés à la mairie de Bastia, nous a montré que le respect mutuel et le contrat de mandature s’appliquent. Nous ne souhaitons pas simplement adhérer à une majorité, mais participer à une coalition où chacun se respecte. Il n’est pas question de nous glisser dans les chaussures des autres, mais de faire exister ce que nous sommes.

- C’est-à-dire ?
- D’asseoir cette gauche autonomiste et de plaider pour une autonomie dans le cadre de la République, pas de faire autre chose. Nous ne croyons pas en l’indépendance ! Nous pouvons représenter un pan très différent de l’ensemble d’une majorité avec nos spécificités propres, une vision de la Corse, des projets à défendre et une expérience que nous pouvons amener et qui serait très utile dans le cadre d’une coalition et d’une gouvernance à construire. Aujourd’hui, tout est à construire ! Les relations avec le gouvernement, les relations avec les institutions… Le chamboulement, qu’occasionnera la collectivité unique, nous obligera sans doute, collectivement, à nous réinventer chaque jour pour faire en sorte que ça fonctionne, que les équilibres territoriaux soient respectés et que chacun s’y retrouve.

- Est-ce un appel que vous lancez ?
- Oui ! La Gauche est diverse. Elle est, en ce qui nous concerne, progressiste et autonomiste. Nous voulons fédérer des gens qui se reconnaissent dans ces termes-là pour mettre en place un groupe cohérent. Surtout nous voulons apporter une vision de la société et de la Corse pour lutter contre la précarité. On ne peut pas régler des problèmes complexes avec des solutions simples. Il faut, par exemple, travailler sur le statut de résident, mais aussi élever le niveau de vie des Corses pour qu’ils puissent continuer à vivre décemment. Nous voulons incarner cette vision sociale et apporter des solutions concrètes dans le cadre d’un partenariat et d’un projet politique. Nous appelons, donc, ceux qui ne se reconnaissent pas dans la construction politique actuelle, orpheline d’une gauche héritière des idéaux qui l’ont construite, mais ancrée dans les réalités locales, à nous rejoindre pour établir une coalition avec la majorité actuelle.
Propos recueillis par Nicole MARI.
L’appel d’Emmanuelle De Gentili : « Inventer l’avenir de la Corse ! »

« 1 - Sortir du désarroi ....
Le pays est dans le désarroi : choix de politique générale fortement contestés, quelques mois à peine après l’élection du Président de la République. Son action est inexistante en Corse où sa représentation locale est en crise. La Corse est plus que jamais seule pour dessiner son avenir avec la mise en œuvre de la CTU et la redistribution des pouvoirs locaux.
La question du projet, des réalisations à effectuer sont ignorés au profit de positions qui agitent les peurs, qui rejettent le dialogue, qui refusent de voir la réalité Corse : il en va ainsi du débat sur la question de l’indépendance qui ne se pose pas puisque le récent contrat de mandature de la majorité territoriale ne l’évoque pas.
Or nos futurs élus auront des tâches plus rudes à affronter : stratégie dans les domaines cruciaux des transports, des déchets, de la formation professionnelle, de l’eau, de l’économie, de l’environnement, de la territorialisation et de la proximité avec les citoyens, par exemple.
Il faudra répondre aux besoins des habitants (emploi, logement, formation, qualité et niveau, précarité) et empêcher la Corse de devenir une terre de spéculation et d’appétits.

.....Face à un gouvernement en déni de réalité
Le gouvernement ne pourra pas tenir une position de fermeture avec une Corse à la pointe de la décentralisation, qui a conscience de ce qu’elle est, de son identité et de sa culture, et qui veut que ses habitants s’émancipent dans le cadre d’une autonomie dans la République.
LREM parachute un homme qui veut rompre avec l’évolution de la Corse, tout en se prétendant représentant de la modernité, du renouveau et de l’innovation.
LREM désavoue ainsi les élus locaux qui se sont confrontés au suffrage universel et montre son vrai visage : une technocratie parisienne qui veut imposer sa vision, sans tenir compte des Corses, des réalités et du terrain. Ils ne le savent pas mais la monarchie éclairée, c’est fini !

2 - Construire le futur ....
Nous souhaitons, sur la base du vaste mouvement mené par la Gauche, arriver à une « décentralisation à la carte » avec des régions aux compétences ciblées, ponctuelles, adaptées à leur modèle de développement. Pour la Corse cette évolution devra s’articuler autour :
- de nouvelles missions pour l’État : ingénierie technique et financière des projets, maintien des équilibres régionaux (dotation compensatrice des déséquilibres insulaires), égalité des chances (éducation), égalité d’accès aux services publics essentiels (santé, communications, routes) avec un contrôle accru de la légalité de l’action des communes, des intercommunalités et de la future CTU, des marchés publics et du respect de l’environnement ;
- de nouveaux pouvoirs pour l’île, actant son insularité (inscription de la Corse dans la Constitution) et permettant d’apporter des corrections aux manques occasionnés par une lecture métropolitaine des actions et besoins de son territoire : ressources financières (transferts de ressources fiscales : TVA), formation professionnelle (adaptée à l’île par les acteurs économiques corses), emploi (préférence îlienne à compétence égale), fiscalité (pour les TPE et le rural), gestion et transformation des déchets, politique de l’eau, redéfinition des intercommunalités, etc.

.... Avec méthode
Nul ne saurait aujourd’hui, représenter la Corse dans sa globalité, dans la diversité de ses convictions, tant les visions de notre futur sont multiples.
Nous sommes la gauche autonomiste et progressiste qui souhaite inscrire la Corse dans une autonomie pleine et entière, afin qu’elle adapte son modèle de développement capable d’améliorer la qualité de vie des insulaires.
Jusqu’ici les majorités politiques corses ont broyé, malaxé et digéré leurs partenaires jusqu’à les faire disparaître complètement. En revanche, la coalition à laquelle nous désirons participer, a vocation à fonder un accord permettant à chaque partenaire de s’exprimer sur un pied d’égalité.
Nous ne croyons pas en l’indépendance ! Nous vivons dans un espace mondialisé et interdépendant où les grandes puissances elles-mêmes, ne sont pas indépendantes.
Nous croyons en la Corse comme espace ouvert et partagé entre ceux qui y vivent et ceux qui y viennent temporairement ou durablement, tout en respectant nos valeurs, nos traditions, notre âme, bref ce qui fait que la Corse est la Corse.

3 - Pour aboutir à une Corse exemplaire
Trop longtemps, nous avons pensé que l’État devait pourvoir à tout et que les élus pouvaient agir et décider seuls. Aujourd’hui tous les modèles ont éclaté. Alors mettons en commun nos expériences, pour construire une Corse dynamique et entreprenante, protectrice et solidaire, capable de faire reculer ses dépendances, seuls remparts aux spéculations en tous genres.
Les évolutions institutionnelles de l’île ont inspiré les réformes nationales (fusion des régions par exemple). Il nous faut garder cette avance, en proposant des solutions pour résoudre les problèmes liés à nos spécificités (île montagne, faible densité de population, concentration urbaine, PIB minime, etc.), pour convaincre les Corses, le gouvernement et l’UE que nous sommes capables de proposer des réponses innovantes. Mais pour réussir ce pari et influencer les choix à venir, il faut avoir votre soutien.
Nous appelons donc toutes celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans la construction politique actuelle, orpheline d’une gauche héritière des idéaux qui l’ont construite, mais ancrée dans les réalités locales, à nous rejoindre pour établir une coalition avec la majorité actuelle.
La Corse, la défense de son environnement et son futur ne sont pas l’apanage d’un seul mouvement. Les nationalistes (par leurs revendications et actions) et la gauche (de la décentralisation à la collectivité unique) ont construit ce que nous sommes. Notre futur commun appartient à tous les Corses qui voudront bien s’y engager. L’action des associations de défense de l’environnement en est la preuve supplémentaire, s’il en fallait une. Nous soutiendrons un projet qui permettra à une génération d’entrepreneurs, expérimentés ou débutants de se lever et d’innover pour développer un modèle original, productif, reposant sur nos potentiels, notre créativité et notre culture, sur l’innovation sociale et l’économie de marché.
Rejoignez-nous ! Agissez à nos côtés ! Par votre expérience, vos idées, vos réalisations vous constituez l’énergie de cette île, la force de la terre et le maillon de cette histoire collective qui fonde une société. Devenez acteurs, devenez entrepreneurs du futur de notre île ! ».
 



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