Ecouter en direct

l'actualité en Balagne avec Corse net infos

Européennes: "Pensà l'Avvene" rejoint Jean Lassalle et son mouvement "Résistons"
1 photo disponible

Européennes: "Pensà l'Avvene" rejoint Jean Lassalle et son mouvement "Résistons"


Calvi

Par

Le 07 Mars 2019


Le communiqué du Groupe de réflexion Pensà l'Avvene:

"Le 29 janvier 1790, Pasquale Paoli, Père de la nation Corse, écrivait dans une de ses correspondances :

« Je préfère de loin l’union avec les autres Provinces françaises à une libre indépendance. Nous sommes plus assurés de notre liberté en union avec les autres provinces et l’habit est plus large »

Nous pensons, qu’aujourd’hui, le point nodal de toutes les revendications d’émancipations passe par l’imposition au système global (local, national et européen) du droit à la reconnaissance mutuelle des diversités nationales et des singularités. Processus que rencontrent par définition la plupart des Etats de l’Union-Européenne.

Lors de nos différentes rencontres citoyennes, permettant un rapprochement entre la société civile et les insulaires (les Scontri (conférences-débats) et les Universités Populaires en association avec le cercle de réflexion Presenza Paolina ), nous avons pu observer que l’enjeu n'est plus d’établir des formes de reconnaissance juridiques classiques, permanentes ou figées dans le temps, mais au contraire de s’assurer que la démocratie régionale constitutionnelle demeure ouverte aux différents projets actuels d’émancipation.

Nous sommes persuadés que la réponse au problème de reconnaissance ne se trouve plus sur la voie habituelle d’une confrontation ou d’un bras de fer avec le pouvoir central, mais plutôt par l’élaboration d’actions politiques permettant de porter les questions de reconnaissance des diversités et des minorités nationales au cœur des sociétés démocratiques.

Aujourd’hui, les exemples Catalan, Ecossais et accessoirement Corse, montrent clairement que les questions inhérentes au droit à l’autodétermination suivent ce changement d’échelle de sens. Cette dynamique d’émancipation passe par l’obligation fonctionnelle des États modernes de devenir le lieu de rapports égalitaires avec, et entre, les citoyens dans leurs diversités. C’est tout simplement une réponse légitime aux besoins des minorités nationales et/ou des nations minoritaires et cette politique de la reconnaissance mutuelle doit se comprendre comme une activité permanente de réduction des tensions et des conflits.

De sorte, que sur les plans du local, du national et du global, cette question de la diversité est devenue une caractéristique permanente de la modernité politique des Etats et de fait elle ne peut se concrétiser que par le dialogue, la reconnaissance mutuelle et l’altérité.

Cette reconnaissance du local est encore à faire respecter dans une Union européenne dominée par l’esprit technocratique et la dictature des Etats nations comme l’a montré l’absence de réactions appropriées de Bruxelles face à la répression disproportionnée face aux aspirations des Catalans à plus d’indépendance.

Nous pensons que ce phénomène du droit à la reconnaissance mutuelle des diversités doit se généraliser dans l’espace européen, il peut même être intrinsèquement lié à des questions relatives au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à plus de démocratie locale et démocratie délibérative. D’ailleurs, n’est-ce pas le cadre actuel de la question Catalane ? Et surtout, n’est-ce pas, la configuration qu’offrent, depuis 2017 en Corse, les 57% de votes pour l’unicité du nationalisme institutionnel ? N’est-ce pas aussi l’enjeu pour l’Union européenne, dominée aujourd’hui par la « locomotive » allemande qui impose son rythme à des pays du Sud qui ont une autre façon de concevoir leur développement et dirigée depuis Bruxelles avec des pays d’Europe centrale qui ne sont pas prêts à accepter les diktats qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à ce qu’ils recevaient depuis Moscou ?

En France, les anciens mécanismes de reconnaissance des diversités mis en place par les institutions de l’Etat décentralisé ont atteint leur limite institutionnelle. Dès lors, nous pensons qu’une lutte pour la reconnaissance mutuelle des diversités européennes, pourrait être une réponse à la question Corse. Cette reconnaissance mutuelle doit être portée par un fédéralisme institutionnel et politique, dont les deux axes seraient :

- la citoyenneté locale et la solidarité inter-régionale

- les principes de subsidiarité et la sauvegarde des identités locales périphériques.

Ces deux axes permettraient d’atteindre un plus grand degré de démocratie locale et une plus grande reconnaissance des identités régionales.

Cette réorientation est de plus en plus perceptible dans l’idée d’une Europe des territoires rapprochant le local au global, et elle nous paraît, à Pensà l’Avvene, être la seule clé pour la corse de demain.

Pourtant à la lecture des différents communiqués des groupes insulaires d’émancipation, il semble, que l’alternative proposée aux électeurs corses, est : soit le vote pour la confédération R&PS (qui semble des plus désunis aujourd’hui) avec Europe Ecologie les Verts , soit, faute d’une liste proposant un fédéralisme des régions, l’abstention pure et simple.

Ce positionnement politique revêt un intérêt particulier sur le plan local, dans la mesure où l'espace du pouvoir Corse qui hier se voyait confisqué, peut-être plus encore qu'ailleurs en Europe, par des entrepreneurs politique qui usèrent et abusèrent du rapport clientélaire pour asseoir une domination sans partage sur la société insulaire, a été récupéré en 2015 par les mêmes forces d’émancipations insulaires.
Le philosophe Cornélius Castoriadis expliquait « qu’une société autonome ne peut être instaurée que par l'activité autonome de la collectivité », nous sommes persuadés que la société insulaire dispose, depuis la victoire de Per a Corsica en 2015, de tous les outils et toutes les représentations politiques pour réussir ce changement d’époque.

Aussi nous proposons aux citoyens insulaires qui ne se reconnaissent pas, comme beaucoup, dans la démarche biaisée de R&PS, d’éviter l’abstention. Bien que justifiée sur le plan idéologique, nous pensons que l’abstention pour cette élection ne peut être comparée à un vote sanction.

Aussi, si vous vous ne retrouvez pas dans les discours idéologiques proposés pour cette élection Européenne, nous voulions vous rappeler que la Corse au-delà de l’idéologie nationalitaire et régionaliste à des valeurs fortement enracinées que nous retrouvons dans nos comportements quotidiens. Dont la plus marquée est le fait que la communauté insulaire est traditionnellement rurale et ancrée dans nos petits territoires respectifs. C’est de cette ruralité qu’émerge totalement ou en partie notre identité première. Le fait d’être Corse et citoyen européen. L’authenticité des Corses réside donc dans son rapport au local et au territoire, c’est-à-dire au rural.

Faute de véritable compétition des forces d’émancipation, c'est désormais aux insulaires eux-mêmes, et ce dans tous les domaines de leur vie quotidienne, de prendre en mains leur destin en choisissant le vote utile : le vote qui engage à œuvrer à plus de démocratie locale et à refonder un projet européen de nations libres au sein des quels le territoire et la ruralité seraient les clés de voute. Dans cette perspective, nous soutiendrions une initiative du député béarnais Jean Lassalle et de son mouvement « Résistons » pour constituer une liste européenne susceptible de correspondre aux valeurs profondes du peuple Corse".



Plus d'informations, cliquer ici

Partager cette actualité avec mes ami(e)s sur Facebook !


RETOUR

Autre actualités pour Calvi :
À Calvi, Alberto Ruce fait surgir la polyphonie sur les murs de la gare

Le 02 Novembre 2026

À l’occasion des Rencontres de Chants Polyphoniques, l’artiste italien Alberto Ruce a réalisé une fresque sur un bâtiment des Chemins de Fer de la Corse, près de la gare de Calvi. Une œuvre volontairement discrète, presque fondue dans la matière du mur, née d’une collaboration entre le Svegliu Calvese et l’association artistique Popularte.

Radio Calvi À Ajaccio, la Scola Aiaccina mise sur les petits effectifs depuis dix ans

Le 02 Novembre 2026

Ouverte en 2016 dans le quartier Saint-Jean, à Ajaccio, la Scola Aiaccina accueille une vingtaine d’élèves dans une école maternelle et primaire privée hors contrat. Sa fondatrice, Emmanuelle Idir, a imaginé un établissement à petits effectifs, où la nature occupe aussi une place dans le quotidien scolaire. Dix ans après, des familles continuent de choisir ce fonctionnement, malgré une scolarité à 490 euros par mois et par enfant.

Radio Calvi Autonomie de la Corse : Pierre Ghionga défend l’idée d’un référendum

Le 02 Novembre 2026

Président du Groupe Un’Altra Strada à l’Assemblée de Corse, le Dr Pierre Ghiongha dénonce le « sabordage du texte par une partie du Sénat ». Il défend une autonomie véritable en martèlant que la Corse doit disposer d’un titre propre dans la Constitution et que le texte consacre la notion de peuple corse et non de communauté. Le Dr Ghionga demande au gouvernement de « reprendre le fil du dialogue » pour faire aboutir sa promesse d’autonomie ou à défaut il faudra valider le projet par un référendum.

Radio Calvi Malgré ses forêts, la Corse peine à développer sa filière bois

Le 02 Novembre 2026

Avec 69 % de son territoire couvert de forêts, la Corse est la région la plus boisée de France métropolitaine. Pourtant, la filière bois ne représente que 0,4 % de la richesse régionale. Une étude de l’Insee, publiée ce mardi 20 octobre, met en lumière les difficultés d’un secteur au potentiel encore largement inexploité.

Radio Calvi Vieillissement de la population : quels défis pour le monde du travail en Corse ?

Le 02 Novembre 2026

Face au vieillissement de la population et aux difficultés de recrutement, les entreprises corses doivent anticiper le renouvellement des générations et la transmission des savoir-faire. Une étude de l’Aract Corse met en lumière les enjeux et les pistes d’action pour préserver les compétences et fidéliser les salariés.

Radio Calvi
Autres actualités :