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Jean-Guy Talamoni : « Il faut définir une nouvelle stratégie commune et efficiente vis-à-vis de Paris et de l’Europe »
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Jean-Guy Talamoni : « Il faut définir une nouvelle stratégie commune et efficiente vis-à-vis de Paris et de l’Europe »


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Le 07 Août 2018


- Echec des négociations, dialogue plombé avec Paris, réforme constitutionnelle piégée, lourdeur de la collectivité unique… Ces Ghjurnate n’ont pas la saveur euphorisante des deux précédentes ?
- Quand même ! Depuis les dernières Ghjurnate Internaziunale, il s’est passé quelque chose d’important et de positif : nous avons gagné les élections territoriales à la majorité absolue ! Ce qui n’avait pas été le cas la fois précédente. 57% des Corses nous ont fait confiance et ont voté pour une liste nationaliste. Je ne pense pas que nous soyons aujourd’hui dans une situation moins bonne qu’il y a un an. Elle est politiquement meilleure en termes de soutien populaire des Corses, ce qui est quand même l’essentiel ! Il est vrai que les discussions avec Paris se sont très mal passées. Il n’y a pas eu de discussions réelles. La position du gouvernement était déjà arrêtée. Ce n’est pas propre à la Corse. Chacun sait que c’est la façon dont ce gouvernement fonctionne avec tous ses interlocuteurs. Nous l’avons testé. Nous avons eu des discussions au plus haut niveau et rencontré quasiment tous les ministres pour… rien ! Il n’y avait pas de bonne foi, pas de loyauté, pas de volonté d’avancer. La séquence a été tout simplement catastrophique.

- Certains vous reprochent d’avoir perdu du temps. Fallait-il mener cette séquence à terme ?
- Oui ! Evidemment ! Les Corses n’auraient pas compris ! Pouvait-il en être autrement ? Je ne le crois pas ! Cela n’aurait pas été normal de manquer une chance de faire avancer les affaires de la Corse. Dès les premières réunions, nous avons compris que les choses étaient très mal engagées, mais nous étions obligés de donner à cette discussion, qui s’ouvrait, toutes ses chances et de finir la séquence sinon on aurait pu nous reprocher, à bon droit, d’avoir raté l’occasion de faire avancer un dossier ou un autre. Nous avons été très prudents à cet égard. Lors de la venue du ministre des finances, j’ai voulu vérifier s’il n’y avait pas un moyen d’obtenir un statut fiscal et social. La réponse a été : « Je ne peux pas m’engager ». Ensuite, le Premier ministre a annoncé des choses un peu différentes, mais on sent bien qu’il est dans la communication, pas dans la volonté d’engager sincèrement et loyalement des discussions avec la Corse. Nos interlocuteurs ont été d’une parfaite mauvaise foi ! Nous en avons pris acte.

- Vous avez fini par boycotter les ministres. Que comptez-vous faire désormais vis-à-vis de l’Etat ?
- Il est important qu’une nouvelle séquence s’ouvre à partir de la rentrée. Il faut la préparer au sein de la majorité. J’ai proposé une concertation approfondie de l’ensemble des forces de la majorité, qu’il s’agisse des élus ou des partis, pour définir une nouvelle stratégie commune et efficiente vis-à-vis de Paris, mais aussi de l’Europe. La solidarité avec les peuples en lutte fait partie d’une stratégie globale, ainsi que l’alternative que nous voulons proposer à une Union européenne en grande difficulté. Cette Europe des Etats constitués, de la finance et des marchés est devant un constat d’échec. Nous plaidons, depuis longtemps, pour une autre Europe, pour une refondation sociale, une Europe plus équilibrée entre le Nord et le Sud, une Europe des peuples et de la culture. Nous sommes, depuis l’origine, profondément Européens et engagés dans la construction européenne comme nos amis catalans et écossais qui, lors du Brexit, ont voté pour rester dans l’Europe. Nous discutons depuis des mois. Nous sommes d’accord pour que les vraies Nations et les peuples sans Etat qui sont les vrais peuples d’Europe fassent cette proposition d’une autre Europe.

- Comptez-vous utiliser les élections européennes et négocier des candidats corses ?
- Nous ne sommes qu’au début des discussions à cet égard. Les élections européennes peuvent, effectivement, être le moment et le lieu d’une proposition en commun de la part des nations que nous représentons - Basques, Catalans, Irlandais, Ecossais, les différents peuples qui, sous tutelle française – et qui revendiquent des droits… Elles interviennent au moment où l’Europe est vraiment en crise et où nous avons besoin de l’Europe parce que les enjeux économiques, sécuritaires et la question des migrants ne peuvent pas être traités à l’échelle d’un Etat-nation, ni même évidemment à l’échelle des Nations que nous représentons. La question des migrants, par exemple, doit être traitée à l’échelle européenne avec une prise des responsabilités à l’échelle des pays.

- Votre prise de position sur l’Aquarius n’a peut-être pas contribué à arranger vos relations avec le gouvernement ?
- Je ne sais pas ! Nous n’avons plus eu de contact depuis. Nous ne demandons pas l’autorisation du président ou d’un ministre de la République française avant de prendre une position sur un sujet. Sur aucun sujet et encore moins sur un sujet de cette nature qui touche, à la fois, à la politique et à la morale. Un bateau surchargé approchait des côtes corses et devait affronter des conditions météo difficiles et des risques considérables. On disait qu’il aurait du mal à arriver jusqu’à Valence, le seul port qui acceptait de le recevoir, mais qui était à une distance considérable. Si nous n’avions rien dit et qu’un drame serait survenu en mer, nous l’aurions eu sur la conscience. Cela suffit déjà pour que nous intervenions. Même si l’Etat avait les moyens juridiques de nous empêcher de le faire, ce qu’il a tenté de faire dès notre prise de position, il ne peut pas nous empêcher de donner une position politique et de la mettre sur la table. Ouvrir un port corse pour porter secours à des êtres humains en danger, c’était la moindre des choses ! Nous l’avons fait dans le silence total du Nord de la Méditerranée et je comprends que le gouvernement français se soit senti un peu en difficulté, mais ce n’est pas pour cela que nous l’avons fait. On ne va pas nous reprocher de ne pas être indifférent au sort d’êtres humains !

- S’y est greffée la question de l’accueil pérenne des migrants. Votre prise de position n’est pas très populaire dans l’île ?
- C’est une question autre. Mais là aussi, notre position est très claire : la Corse - pour reprendre la phrase de Rocard sur la France – ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais doit en prendre sa part, modeste certes, mais réelle. Bien sûr, il y a la peur, un certain nombre d’idées préconçues… Aucun peuple n’y échappe. Quand le soir, j’ai pris position pour l’Aquarius, je savais bien qu’une majorité de Corses me désavouerait le lendemain matin. Mais ce message est le seul qui soit convenable, y compris pour la Corse et ce qu’elle représente. Le peuple corse ne peut pas être une peuplade repliée frileusement sur un bout de territoire ! C’est un peuple généreux, il l’a montré au cours de son histoire. Dans l’imaginaire des Corses, être raciste ou indifférent au sort d’autrui, ce n’est pas l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. Bien sûr, il y a la peur. La Préfecture a été pour beaucoup dans cette angoisse en disant que les quelques 630 passagers devraient rester en Corse pendant des mois. C’est un mensonge éhonté pour faire peur aux Corses et les pousser à désavouer leurs responsables ! C’est vraiment d’une malveillance insigne ! Cela a été démontré puisque les passagers de l’Aquarius ont été répartis dans plusieurs pays européens, comme quelques jours plus tard ceux du Lifeline.

- La Préfecture a fait valoir que la Corse ne dispose pas d’équipements pour accueillir des migrants. N’est-ce pas le cas ?
- Oui, mais c’est se prévaloir de sa propre turpitude ! Le 2 octobre 2015, l’Assemblée de Corse a voté une délibération à l’unanimité pour accueillir 200 à 250 migrants. En décembre, au moment où nous prenions les commandes la collectivité, l’Etat français a organisé son schéma national d’accueil, décliné en schémas régionaux d’accueil. La Corse a été explicitement exclue. Sans que cette décision ne nous ait été notifiée, expliquée, motivée. Notre position dans cette affaire est humaine, normale, positive sur le plan politique et donne de bon signaux au peuple : nous sommes un peuple, une nation et nous devons secourir ceux qui sont en difficulté à proximité de nos côtes. Ce que les Corses ont toujours fait, même au temps de Paoli, à une époque où la Corse était plus pauvre. Ce qu’a fait sans problème Lionel Mortini à Belgodère. C’est aussi une démarche pédagogique parce que même les plus anti-migrants corses n’ont pas envie de renvoyer sous les bombes les trois petites filles qui ont été accueillies à Belgodère.

- La nouvelle Préfète de Corse avait soulevé un espoir d’ouverture, vite douché. Les relations sont-elles, là aussi, mal engagées ?
- Le problème, ce n’est pas la personne, mais la feuille de route donnée par le gouvernement et qui n’est manifestement pas la bonne ! C’est la même que celle donnée au Préfet précédent avec, peut-être, la volonté de communiquer davantage et d’être plus présent sur le terrain pour essayer de rogner sur les compétences de la Collectivité de Corse. Il y a la volonté de nous renvoyer collectivement, notamment les membres de notre majorité à un statut d’élus locaux. L’expression a été répétée de manière obsessionnelle par le président de la République quand il est venu ici, sauf que pour les Corses, nous ne sommes pas des élus locaux ! Il doit se mettre dans la tête que 57% des Corses ont voté pour des Nationalistes corses, cela veut dire que, pour une majorité absolue des Corses, la Corse est une nation. Le gouvernement peut le rejeter, le déplorer, mais c’est la réalité sortie des urnes. Il faudrait que la raison finisse par triompher et que de vraies discussions soient rétablies avec la volonté d’avancer. J’espère qu’il en sera ainsi.

- En doutez-vous ?
- Jusqu’en décembre 2017, le gouvernement a essayé de nous affaiblir dans la perspective des élections en ne respectant même pas les engagements du précédent gouvernement et en ne cédant sur aucune demande d’avancée. Pensant que cela pèserait sur notre bilan, il a dit Non à tout, cela ne nous a pas empêché de gagner, et même de gagner à la majorité absolue. Donc, sa tactique n’a pas marché ! Ce n’est pas la bonne ! Et il continue de l’appliquer dans la perspective des prochaines élections, seulement elles sont très loin ! Il faudrait que le gouvernement redescende sur terre, qu’il réalise qu’il ne nous affaiblira pas électoralement, mais qu’il mettra simplement la Corse en difficulté. Ce qui est très dangereux !

- Justement les Corses s’impatientent et demandent du concret. Ne pensez-vous pas que l’état de grâce est terminé ?
- L’état de grâce a été très long. Je crois sincèrement que les Corses, qui sont un peuple très politique, ont très bien compris l’attitude et la déloyauté parisiennes, et qu’ils continuent de nous faire confiance. Nous continuerons à leur dire exactement la vérité, à faire bien attention à ne pas laisser tromper l’opinion. C’est la raison pour laquelle je ne me rends plus aux réunions avec les ministres qui sont une manière de tromper l’opinion, de dire qu’on discute, que tout se passe normalement. Non ! Rien ne se passe normalement ! La Corse est maltraitée par le gouvernement ! La démocratie est piétinée ! Les Corses en sont bien conscients. Nous ne nous contenterons pas de faire notre travail à la collectivité, nous allons continuer à exiger des discussions et à mettre en cause le gouvernement français dans le cadre de démarches internationales. Nous avons déjà commencé à aller dans les capitales européennes avec une écoute intéressante en disant : « Regardez ce que fait la France en Corse alors qu’elle donne des leçons de démocratie au monde entier ! ».

- Ce n’est pas propre à la Corse. Ce gouvernement applique la même attitude à toutes les régions françaises…
- Tout à fait ! Ce gouvernement a réussi à se mettre à dos les présidents de région, de département, les maires… Il a annoncé un pacte girondin, on a eu un diktat jacobin ! Il est temps qu’il revoit sa position. Le problème de la Corse est différent des autres régions puisque nous sommes une nation qui doit être prise en compte politiquement. Cela ne veut pas dire l’indépendance demain, mais de redéfinir les relations entre la Corse et Paris. A défaut, les Corses se sentiront méprisés puisque leurs suffrages le seront. Même ceux qui n’ont pas voté pour nous n’apprécient pas que les élus corses soient traités de cette manière-là. Donc, je pense que Paris va au devant de graves problèmes en Corse. Pour notre part, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que les choses soient paisibles, malheureusement nous ne pourrons pas le garantir longtemps.

- La rentrée s’annonce chargée. Quels sont les grands dossiers prioritaires ?
- Les questions sociales évidemment. Elles sont tout à fait prégnantes. La Corse va mal. Nous avons fait ce qui était en notre pouvoir pour améliorer les choses : un plan de lutte contre la précarité et la pauvreté, une stratégie de développement économique, des dispositifs comme la carte A Ritirata que j’ai lancée et qui fonctionne. La Charte en faveur de l’emploi local a été bloquée alors que le gouvernement précédent l’avait soutenue et qu’elle existe à Paris ! Bloquée de manière déloyale et mensongère par la Préfecture et la DIRECCTE qui ont fait croire aux entreprises qu’elles ne pourraient plus obtenir de fonds européens si elle signait la Charte. La CFDT Corsica vient de sortir un communiqué expliquant que des fonds lui ont été refusés parce qu’elle a signé la Charte de l’emploi local. Juridiquement, la position de la Préfecture est absurde ! Les Corses doivent savoir que cette démarche d’emploi local qui existe dans d’autres régions d’Europe, y compris en France, est bloquée par la malveillance de la Préfecture de Corse. Tout ce que nous avons proposé a été refusé par Paris ! Nous sommes dans une situation de blocage et de crise. Paris n’a pas été à la hauteur des enjeux. Il faut absolument que les Corses se mobilisent pour aider leurs élus et leurs institutions à débloquer la situation.

Propos recueillis par Nicole MARI.



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