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Jean-Martin Mondoloni: "Notre opposition est claire et cohérente sur les fondements"
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Jean-Martin Mondoloni: "Notre opposition est claire et cohérente sur les fondements"


Calvi

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Le 15 Avril 2019


Pourquoi ce déplacement en Balagne ?

"A la suite des élections territoriales de décembre 2017, nous avions pris l’engagement de maintenir le lien avec la population et d’aller à la rencontre des électeurs pour expliciter les positions et les votes que nous émettions à l’Assemblée de Corse. Cela passe par des réunions fréquentes sur les territoires. Avec la collectivité unique, le travail d’élu territorial a considérablement augmenté, et chaque semaine est rythmée par des réunions de commissions, de CA d’agences et offices, auxquelles il convient d’ajouter les 350 organismes au sein desquels la Collectivité est partie prenante. Il y a un risque d’enfermement et de déconnexion à vouloir assumer pleinement ce travail d’élu. Or, l’ancrage et l’écoute de nos concitoyens doit rester un fil conducteur. C’est notre ambition. Nous avons déjà effectué des déplacements en Centre Corse, dans l’extrême Sud, dans l’Ouest Corse. Cette fois-ci, c’est la Balagne".

 

Un territoire qui semble vous tenir à cœur ?

" Outre le fait que ce soit un territoire attractif et dynamique où on a toujours plaisir à aller, il y a pour notre groupe et pour moi-même une dimension politique et affective évidente. Notre famille politique a pu compter pendant plusieurs années sur le maire de Calvi, Ange Santini, pour assumer la fonction suprême de notre architecture territoriale puisqu’il a été 6 années durant président du Conseil Exécutif de Corse. 6 années durant lesquelles j’ai exercé mon premier mandat et été président du groupe majoritaire. Ca crée des liens. Son 1er adjoint, Jean-Louis Delpoux, figurait en 5ème position sur la liste et siège au sein de notre groupe à l’Assemblée de Corse avec rigueur et assiduité. Lorsque je me suis lancé dans le combat des législatives de juin 2017, j’ai pu compter sur le soutien de la Balagne par la voix de mon suppléant, mon ami Dumè Andreani, maire de Cateri, dont chacun connaît l’investissement, les valeurs et l’implication. J’ai bien sûr partagé les bancs de l’Assemblée de Corse avant 2010 avec Jean-Jo Allegrini-Simonetti, maire de L’Ile Rousse, avant de connaître et d’apprécier son fils, Jean-Stéphane, qui fait désormais partie de l’aventure au sein de notre mouvement, Per l’Avvene".

 

Per l’AVVENE est donc désormais un parti politique ?

"C’est fait. La liste de décembre 2017 a généré un groupe à l’Assemblée de Corse qui se veut actif et constructif tout en étant résolument dans l’opposition à la majorité territoriale. Nous avions entamé des démarches pour nous constituer en mouvement politique ; démarches qui ont abouti il y a une dizaine de jours par l’obtention de l’agrément officiel nous permettant de nous structurer à l’issue d’une succession de formalités administratives. Ce sera officialisé prochainement et une réunion constitutive nous permettra de mettre en place une organisation, une campagne d’adhésion, un maillage territorial, etc…".

 

Quelle est la ligne directrice de votre positionnement politique à l’Assemblée de Corse ?

"Notre opposition est claire et cohérente sur les fondements, à commencer par l’interprétation que les vainqueurs de l’élection territoriale font de leur résultat : Nous pensons qu’une majorité d’électeurs ont fait confiance à Gilles Siméoni qui incarnait une forme de changement, voire de dégagisme Nous ne considérons pas, pour notre part, que les nationalistes aient reçu mandat pour faire nation. Dans cette hypothèse, et pour ceux qui y croient, le temps est venu de nous expliquer comment une nation isolée en Méditerranée résisterait avec de faibles moyens aux révolutions climatique, économique, numérique et bioéthique. Seuls les grands blocs ou grandes fédérations seront en capacité d’ordonnancer la marche du monde… les petits états, eux, subiront. Ainsi la question de fond est de savoir quel avenir nous voulons donner aux enfants de cette terre ? Ensemencer la haine de la France, jeter l’ancre toujours plus loin ou défendre une relation stable, apaisée et de nature à favoriser l’épanouissement d’une Corse adossée à un grand pays. Sur ces bases et au-delà de nos positions franches et claires, exprimées notamment sur les textes budgétaires par un vote Contre parce qu’ils structurent la vie financière de la Collectivité par l’application d’un programme politique que nous désapprouvons, nous savons également être force de proposition".

 

Exemple de propositions ?

"Par exemple, notre initiative sur la gestion des déchets. Là où le Conseil Exécutif reste prisonnier de ses dogmes, nous avons fait des propositions par voie de motion pour que le renforcement du tri et du surtri s’accompagne d’une politique ambitieuse en matière de traitement via la méthanisation et le lancement d’une étude sur l’implantation d’une unité de valorisation énergétique. Bien que capitale pour la Corse, cette proposition a été balayée par la majorité même si sottovoce, on entend des élus nous donner raison. Même constat sur l’énergie où nous cherchons à défendre une ambition d’excellence écologique par le renforcement de la part des énergies renouvelables dont la Corse dispose".

 

Vous avez participé à la réunion du Président Macron à Cozzano. Vous y teniez ?

"Invité en qualité de président de groupe, je me suis rendu à Cozzano, avec les élus maires de notre groupe qui étaient invités, Xavier Lacombe, Francis Giudici, Marie-Thérèse Mariotti, pour échanger avec le président de la République. Ni par plaisir, ni par intérêt, tout simplement par devoir. Les deux groupes de droite avaient d’ailleurs fait savoir la veille de la visite présidentielle que bien que ne soutenant pas activement et historiquement Emmanuel Macron, nous respections néanmoins sa fonction. Nous considérons que la Corse doit renouer des relations sereines avec l’Etat dans une logique partenariale. C’est pourquoi nous déplorons le boycott des nationalistes alors même que les maires, élus de proximité par excellence avaient des positions à faire valoir auprès du Chef de l’Etat pour lui exprimer leur découragement face aux difficultés qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur mandat mais surtout pour faire remonter les difficultés grandissantes de leurs administrés dans leur vie au quotidien et en particulier celles des Corses qui vivent dans l’intérieur de l’île. Le déplacement du 4 avril s’étant opéré dans le cadre du grand débat, le positionnement des nationalistes illustre une fois de plus la tendance de la majorité nationaliste à systématiquement exacerber toute situation en cherchant à distendre les liens entre la Corse et la République".

 

Quid des prochaines échéances électorales ?

"La première échéance à venir, ce sont bien sûr les élections européennes. Echéance fondamentale, on ne peut que regretter que le mode de scrutin, l’absence de pédagogie et la non prise en compte d’un territoire comme la Corse ne comptant que peu d’électeurs conduisent à un désintérêt manifeste dans l’opinion insulaire. Le mouvement régional que nous sommes n’a donc pas de place dans cette élection même si l’idée européenne est prégnante dans nos débats, et si nous irons voter le 26 mai pour que la famille libérale tienne ses positions face au danger grandissant des populistes, anti-européens et autres partisans du BREXIT".

 

Revenons aux échéances locales.

"Au-delà de la structuration de notre mouvement, la prochaine étape est bien entendu notre participation active aux échéances municipales pour que notre famille politique se maintienne dans les communes qu’elle administre, et bien sûr pour faire valoir nos positions dans les autres, sachant que des municipales dépendra également l’issue des sénatoriales qui est une élection clef tant on sait l’influence grandissante du Sénat lors de la réunion du Congrès notamment. Sans oublier en ligne de mire l’objectif principal du renouvellement de l’Assemblée de Corse où nous solliciterons à nouveau la confiance des électeurs pour défendre notre conception d’une Corse épanouie qui concilie développement et identité et d’une jeunesse qui a besoin d’ailes et de racines".



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