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Julie Benetti, nouvelle rectrice de l’Académie : « Il faut construire l’avenir de la jeunesse corse »
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Julie Benetti, nouvelle rectrice de l’Académie : « Il faut construire l’avenir de la jeunesse corse »


Calvi

Par

Le 22 Juin 2018


Après la nomination de Josiane Chevalier comme préfète de la Corse, voilà une autre femme à la tête d’une grande institution. « L’avenir de l’homme, c’est la femme » disait Louis Aragon. Etonnant certes, mais en quoi peut-on privilégier un sexe plutôt qu’un autre pour assurer l’avenir de l’humanité ? Bonne question pour un sujet de philo !
Force est de constater dans nos sociétés actuelles, que l’égalité des droits entre hommes et femmes a fait des progrès indéniables. La femme est donc l’avenir de l’homme. C’est Jean Ferrat qui l’a dit et chanté. La femme est donc devenue en quelque sorte un homme comme les autres !
Egalité des chances et formation…


Nous sommes en pleine période d’examens et jeudi au petit matin, Julie Benetti, la nouvelle rectrice de l’Académie de Corse a effectué sa première visite au lycée Laetitia pour accompagner les candidats au Bac scientifique et tenu peu après sa première conférence de presse pour se présenter et surtout présenter les axes prioritaires de sa nouvelle fonction.
« Il faut œuvrer tout d’abord pour l’égalité des chances, la scolarisation des enfants en milieu rural, cela fera l’objet de toute mon attention. Il y va de la cohésion du territoire et de l’égalité des enfants devant l’école. Nous devons également porter tous nos efforts sur la résorption des inégalités sociales à travers le réseau d’éducation prioritaire, le dédoublement des classes préparatoires, la lutte contre le décrochage scolaire et les mesures d’accompagnement dans l’orientation des élèves. Il est très important de savoir que l’école aide à décloisonner l’horizon de la jeunesse corse. Il s’agit de construire son avenir dans l’île, mais aussi de l’ouvrir aux opportunités, travailler à la valorisation des voies professionnelles, encourager la mobilité étudiante, tirer parti de cet atout formidable de la situation géographique de l’île pour donner à sa jeunesse les plus grandes perspectives d’avenir. »

- Un premier poste en Corse, dans son pays d’origine, c’est un bonheur ?
- Un pur bonheur et à double titre. D’abord, après avoir exercé les fonctions de professeure de droit public à l’université, j’ai la chance aujourd’hui de pouvoir œuvrer d’une autre façon à ce bien commun le plus précieux pour moi, l’éducation de nos enfants. Je suis très heureuse ensuite du fait de mes origines, de mon histoire, je suis très attachée au territoire corse et convaincue du formidable potentiel de sa jeunesse.


- Aviez-vous envisagé un tel poste ?
-Jamais je n’avais envisagé de devenir recteur mais je suis particulièrement honorée que cette fonction m’ai été proposée et surtout heureuse du lieu de ma nomination.


- Quel regard portez-vous sur l’enseignement en Corse ?
- Je n’ai pas été scolarisée en Corse et j’ai beaucoup à découvrir, beaucoup à apprendre, c’est pourquoi je souhaite aller à la rencontre de l’ensemble de la communauté éducative. Rencontrer les personnels et les enseignants, les élèves et les parents, pour nourrir avec eux un dialogue que je souhaite continu, confiant, des échanges les plus fructueux, de manière à ce que ce soit aussi, à partir de ces rencontres et de ces échanges, que je puisse définir la ligne de l’action éducative de l’Académie de Corse.


- Les Corses obtiennent des résultats flatteurs aux examens, souvent supérieurs au niveau national. Est-ce votre avis ?
- C’est une très grande fierté. Tous les ans, les résultats du baccalauréat placent la Corse dans le peloton de tête des Académies. Nos bacheliers sont les meilleurs de France et c’est un formidable succès. Cela étant, il y a des marges de progression, s’agissant du niveau moyen des élèves entrant en sixième, de la voie professionnelle, de l’apprentissage, de l’acquisition des fondamentaux à l’école primaire également. Il y a un projet qui me tient particulièrement à cœur, celui de permettre que chaque jeune puisse obtenir un diplôme qui soit conforme à ses aspirations professionnelles. Personne ne doit être laissé au bord de la route.


- Et l’enseignement de la langue corse à l’école ?
- Question sensible dans la mesure où personne ne peut se satisfaire de la disparition d’une langue et avec elle, tout un pan de notre culture et de notre mémoire. Je suis très attachée à préserver et à soutenir l’effort considérable en faveur de l’enseignement de la langue corse engagé depuis quelques années. Je veux rappeler l’engagement sans équivalent de l’Etat en faveur de la langue corse. Aucune autre langue régionale n’est autant soutenue. A l’école primaire, ce sont aujourd’hui la quasi totalité des élèves qui suivent un enseignement de la langue corse et parmi eux, près de 10 000 qui ont fait le choix d’une classe bilingue. Ce sont véritablement des progrès importants. Notre action ne peut s’inscrire que dans le temps long et par ailleurs, j’ai conscience des difficultés qui se posent, s’agissant de l’enseignement de la langue dans le second degré, notamment, du recrutement, de la formation et de l’accompagnement des enseignants habilités à dispenser un enseignement. Nous devons titrer le bilan de ces dispositifs et les évaluer, de manière à voir ce qui fonctionne bien et ce qui mérite d’être amélioré.


- En moins de quinze jours, deux femmes nommées dans les plus importantes institutions de l’île. La parité joue à fond, cela change quelque peu ?
- Je ne crois pas que cela change quelque chose. Que ce soit une femme ou un homme qui exerce ce genre de fonction, la parité est là et je crois qu’une femme n’exerce pas, par nature, des fonctions d’autorité différemment de si elle était un homme. En revanche, ce qui change, c’est cela qui est important, c’est le message qui est adressé aux filles de Corse, c’est leur montrer, à travers ces nominations, la mienne et celle de Madame la préfète, le fait qu’elles peuvent avoir exactement les mêmes ambitions que les garçons. Qu’elles sont aussi valeureuses déterminées, aussi compétentes et qu’elles ne doivent plus pratiquer l’autocensure !
Propos recueillis par José FANCHI
 



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