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Nanette Maupertuis : « Il faut faire de la Corse une destination éco-touristique, unique en Méditerranée »
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Nanette Maupertuis : « Il faut faire de la Corse une destination éco-touristique, unique en Méditerranée »


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Le 27 Avril 2018


- Pourquoi avez-vous défini une feuille de route sur trois ans ?
- Le président Gilles Simeoni a demandé à chaque conseiller exécutif de produire, en une quinzaine de pages, dans son domaine de compétence, une feuille de route très précise des objectifs à atteindre, des contraintes rencontrées, des verrous à lever et des moyens à mobiliser pour transformer le domaine, conformément à nos engagements de campagne électorale. J’ai, donc, produit une feuille de route dans le secteur du tourisme avec, comme objectif principal, sa transformation vertueuse en éco-tourisme, c’est-à-dire la nécessité de ne plus subir le tourisme, mais de faire de la Corse une destination durable. Pour cela, nous avons fait un état des lieux du secteur aujourd’hui.

- On entend beaucoup de choses : il y a trop de touristes ou pas assez, les saisons sont trop courtes, le secteur pas géré, la touristophobie menace… Que dit cet état des lieux ?
- Il rappelle, d’abord, que le tourisme est le premier secteur économique de l’île. Il représente 24 % du PIB (Produit intérieur brut), 30 % de nos exportations, environ 20 000 emplois locaux dont 13 500 saisonniers, et rapporte en moyenne 2,5 milliards € chaque année. Tant au niveau local que global, ce secteur est en pleine évolution. Le contexte global est marqué par des prévisions de croissance très importantes des flux en Méditerranée : 3 à 4 % de touristes par an sur les trois prochaines années. Mais si la demande est de plus en plus importante, elle est, aussi, de plus en plus volatile. Les consommateurs se décident très vite, au dernier moment et changent facilement d’idées. Le choix de la motivation dépend du coût des transports et des nouvelles technologies de l’information, notamment des applications de plateformes de réservation qui permettent de réserver rapidement

- La destination corse peut-elle être victime de cette volatilité de la demande ?
- Structurellement, la Corse est très bien positionnée par rapport aux caractéristiques de la demande qui s’oriente, de plus en plus, vers trois critères : environnement, culture et patrimoine. Mais elle peut, d’une part, être menacée de sur-fréquentation et, d’autre part, subir conjoncturellement des revers de fortune parce que la clientèle part ailleurs. Cela signifie que la Corse peut avoir sur la saison plus de monde à gérer, mais un mois de juin complètement creux ! Il y a deux options : on subit, ou on agit. On peut laisser faire, pour le meilleur ou le pire. Soit il n’y a pas de touristes, et c’est catastrophique ! Soit il y a beaucoup de monde, des pressions environnementales, des problèmes d’encombrement, d’acceptabilité sociale, donc des effets pervers, et on gère les dégâts collatéraux. Si on décide d’anticiper, il faut mettre en œuvre une stratégie proactive et réguler de l’amont, dès la promotion de la destination, pour orienter les flux vers l’aval afin de corriger les éventuels effets pervers.

- Quelle option avez-vous choisie ?
- La seconde. Il faut être proactif, arrêter d’être schizophrène et de considérer le tourisme comme un pis-aller ou un mal nécessaire. L’idée est de mettre en place une stratégie territoriale visant le positionnement de destination éco-touristique unique en Méditerranée. La Corse a, de ce point de vue-là, un avantage certain en matière d’environnement. Il faut travailler sur des produits patrimoniaux et culturels pour créer une chaine de valeurs qui implique l’ensemble des acteurs privés et publics, c’est-à-dire maîtriser toute la chaîne de production touristique dans la création de valeurs ajoutées. C’est très important, surtout dans un contexte de croissance de plus en plus forte de l’économie informelle.

- Quel est le rapport avec l’économie informelle ?
- Nous devons construire une véritable économie de production touristique avec des gens qui vivent du tourisme, la création d’emplois qualifiés, non seulement dans les filières classiques de l’hébergement et de la restauration, mais au-delà dans le domaine des contenus culturels, de la gastronomie, de l’œnologie, du tourisme de bien-être, des activités de pleine nature… Il est fondamental de changer d’angle d’attaque pour diminuer les effets pervers sur le territoire et engendrer des effets vertus. En cela, la feuille de route s’inscrit dans les préconisations du PADDUC et du SRDEII, et a identifié sept enjeux principaux.
- Lesquels ?
- Le premier enjeu est fondamental. Il s’agit d’assumer complètement le fait que la Corse soit une destination touristique et en tirer le maximum d’avantages. Il faut engager une véritable politique du tourisme en partenariat avec tous les acteurs et, donc, remettre le tourisme au centre des politiques publiques territoriales. Le second enjeu est d’implanter la culture du développement durable, du tourisme durable dans un plan que j’avais déjà annoncé sur votre média l’an passé et pour lequel nous rassemblerons un certain nombre d’acteurs publics et privés, mais aussi d’autres agences et offices pour effectuer une transition écologique et numérique du tourisme. C’est une perception à faire partager.

- C’est-à-dire ?
- On ne peut pas tuer la poule aux œufs d’or ! L’idée est de faire comprendre à tous les acteurs du tourisme que notre première richesse est notre environnement. Les gens viennent en Corse essentiellement pour cela, mais ça ne suffit pas ! Il faut protéger notre environnement et proposer d’autres activités annexes. Le troisième enjeu est la valorisation des métiers et l’action sur la formation professionnelle. Aujourd’hui, les touristes arrivent, les prévisions sont bonnes, mais les professionnels sont bloqués par le manque de main d’œuvre qualifiée. Nous devons absolument former un vivier de ressources humaines. Mais rendre les métiers du tourisme attractifs suppose des formations qualifiantes et des salaires à la hauteur de ces niveaux de qualification.

- Où en sont les divers projets d’école hôtelière ?
- C’est un serpent de mer ! Pour comprendre si le besoin existe ou pas et régler, une fois pour toutes, la question, nous avons, avec Josepha Giacometti, demandé un état des lieux précis de toutes les formations qui existent en Corse. Si ces formations, dont certaines en BTS ou en continue sont performantes, ne couvrent pas l’offre d’une école hôtelière, alors il faudra faire cette école pour proposer une carte de formation complète. Il est nécessaire de bien poser le problème pour ne pas que les opérateurs se marchent sur les pieds, pour ne pas créer une coquille vide ou une énième unité de formation qui ne remplirait pas ses tâches.

- Quel est le quatrième enjeu ?
- C’est soutenir la compétitivité de l’offre. Par la qualité, pas par la baisse des prix ! Les consommateurs considèrent que la Corse est d’un bon rapport qualité-prix, mais la concurrence est forte en Méditerranée. Des destinations, comme la Croatie, l’Espagne ou le Maghreb, bénéficient de coûts salariaux et de matières premières moins élevés. L’offre corse ne peut pas descendre en deçà d’un certain seuil de prix sans mettre en péril l’activité. Elle doit, donc, maintenir un niveau de qualité suffisamment important avec des prix adéquats pour attirer les touristes sur ce créneau-là. La guerre des prix, pratiquée par certaines destinations, n’est pas acceptable économiquement et socialement. Il faut, donc, travailler sur la qualité, y compris de l’offre informelle parce que sa mauvaise qualité rejaillit sur le professionnel qui, lui, fait son travail, paie ses salariés, modernise son établissement…

- Cette compétitivité ne passe-t-elle pas aussi par la diversification de la clientèle ?
- C’est lié ! Maintenir et développer l’attractivité du territoire à l’international pour développer notre clientèle est, d’ailleurs, le cinquième enjeu. Le secteur ne peut plus rester sur une configuration où 75%, voire 80% de la clientèle est continentale française et ne vient qu’en juillet et en août. Tout le monde est conscient de l’obligation de travailler les marchés étrangers pour attirer une autre clientèle à d’autres moments. Par exemple, des Anglais en avant-saison, des Belges, des Allemands ou des Scandinaves en après-saison. L’idée est d’allonger la saison et de faire baisser la pression sur le mois d’août. Ce serait positif pour tout le monde.

- Quel est le sixième enjeu ?
- La Corse a besoin d’adapter un certain nombre de dispositifs et de règles normatives au regard de la réalité de son territoire. Nous avons fait une demande d’adaptation règlementaire pour l’ouverture jusqu’en novembre des établissements de plage en centre-ville. Si on veut attirer les touristes en arrière-saison, il faut que les établissements de plage puissent rester ouverts ! Autre exemple, la taxe sur les camping-cars, qui a été rejetée par l’Assemblée nationale, ou les mouillages de bateaux. On ne peut pas faire du tourisme durable sur une île très attractive, si les lois et règlements n’évoluent pas. Sinon on ira vers des difficultés en matière de gestion des flux, d’impact sur l’environnement, d’acceptabilité sociale et même de satisfaction du consommateur. Si le touriste est victime d’une expérience négative, d’un effet foule, trop de monde sur les plages, trop d’encombrement, pas d’accès aux biens et aux services, tout le monde y perdra. Même l’Etat qui en tire des recettes fiscales très importantes.

- Quel est le dernier enjeu ?
- C’est la nécessité d’adapter notre organisation. La Collectivité de Corse doit mener sa politique du tourisme à travers l’ATC qui, elle, doit s’adapter aux enjeux actuels. Le nouveau contexte, que j’ai évoqué, exige que nous évoluions et nous organisions de manière différente.
- Vous parlez de contraintes et de verrous à lever. Quels sont-ils ?
- Le premier verrou est celui des transports. La condition sine qua non, mais non suffisante, est quand même une forte accessibilité en termes de transports. Nous avons, en deux ans, fait la démonstration qu’avec l’office des transports, Air Corsica et les Chambres de commerce, les choses se sont améliorées, notamment dans l’aérien. Mais, nous ne sommes pas à l’abri d’une grève qui peut induire des annulations. Le second verrou est la formation. Nous avons besoin d’avoir un pool d’ingénierie formé et en capacité d’accompagner les acteurs. C’est un élément très important dans le montage de projets touristiques.

- Quels moyens comptez-vous mobiliser ?
- Ils sont de trois ordres. D’abord, des ressources humaines compétentes aussi bien au niveau de la CDC et de l’ATC que des acteurs et des intercommunalités. L’ATC a engagé des plans de formation. Ensuite, des ressources financières, notamment par voie fiscale. Nous avons demandé à récupérer la taxe additionnelle départementale de séjour. Nous pouvons émarger sur des projets européens. Nous avons, aussi, la volonté de monter des partenariats publics-privés pour mobiliser des moyens sur certaines opérations de promotion ou de partenariat avec des compagnies de transports pour valoriser la destination Corse à l’international. Nous réfléchissons aussi à une mutualisation des moyens avec le Comité de massif ou le PDRC sur un axe fort de tourisme rural et de montagne.

- Dans la feuille de route de la première mandature, vous parliez de l’importance des données statistiques. Qu’en est-il ?
- C’est très important. Pour avoir une stratégie proactive d’anticipation, nous devons avoir en permanence accès à toutes les bases de données relatives au tourisme et produire, nous-mêmes, de la donnée. Nous nous y étions engagés en 2017 avec la relance du Centre de ressources de l’ATC, de l’observatoire, et la grande enquête aux frontières que nous avons réalisée l’été dernier et qui est en cours d’exploitation. Nous avons besoin de ces informations pour accompagner la décision publique. Le tourisme est en évolution rapide. Il faut, donc, être très stratégiques en observant, analysant les données, coordonnant l’ensemble des acteurs, construisant des dispositifs, réagissant très vite, et anticipant à court, moyen et long termes.

- Trois ans est-ce suffisant pour obtenir des résultats ?
- C’est faisable ! La feuille de route est accompagnée d’un échéancier précis. En deux ans, nous avons déjà obtenu des résultats sensibles, notamment - pour la première fois depuis huit ans -, une augmentation des flux en avant et après-saison. La désaisonnalisation s’opère, nous sommes sur le bon chemin. Les rails, qui seront posés en matière de durabilité économique, sociale et environnementale du tourisme, ne seront pas vains. Si tous les acteurs partagent les objectifs et les moyens que j’ai listés, il n’y a aucun doute que l’essentiel de cette feuille de route sera réalisée dans les 3 ans à-venir.

Propos recueillis par Nicole MARI.



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