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Valérie Bozzi en meeting : « Nous conquerrons la Corse par Ajaccio »
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Valérie Bozzi en meeting : « Nous conquerrons la Corse par Ajaccio »


Calvi

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Le 01 Décembre 2017


« Les nationalistes sont arrivés au pouvoir par Bastia, et nous, nous conquerrons la Corse par Ajaccio ! » C’est ainsi que la jeune tête de liste « Voir plus grand pour elle », Valérie Bozzi, 35 ans, maire de Grosseto-Prugna soutenue par Les Républicains, a conclu une heure et demie de meeting, jeudi soir dans la cité impériale. L’auditorium du Palais des Congrès était trop petit pour accueillir l’ensemble des militants et sympathisants venus en nombre et contraints pour certains de rester debout dans les allées.
Dans son fief électoral, la droite corse s’est rassemblée pour une ultime démonstration de force, dans le sprint final. Une façon de montrer aux nationalistes, souvent donnés favoris, qu’un important bastion résiste, la droite y tenant la mairie, la communauté d’agglomération, la première circonscription et feu le département 2A.
« Point d’espoir dans cette campagne sans Ajaccio »

Même le second de liste et maire d’une commune de Haute-Corse (San-Giuliano), François-Xavier Ceccoli, s’exprimant en premier, a exhorté les Ajacciens à la mobilisation : « Point d’espoir dans cette campagne sans Ajaccio ! Vous êtes le modèle à suivre dans la défense de la droite et du centre en Corse. Ajaccio sera le phare qui guidera la Corse vers la victoire.» Et de fustiger les deux années de mandature nationaliste : « L’idéologie et l’incantation ont pris le dessus sur le travail et le réalisme, sur l’intérêt des Corses. »
Les trois hommes forts de la droite ajaccienne ont ensuite enfoncé le clou successivement à la tribune, sous l’œil bienveillant de José Rossi au premier rang. Quatrième sur la liste de Valérie Bozzi, Pierre-Jean Luciani a d’abord vanté sa bonne gestion à la tête de la Corse-du-Sud et ses investissements pour Ajaccio et les zones rurales : « Jamais nous n’avons dépensé autant, et on en est fiers.» Et de chercher à rassurer ceux qui craignent une Corse pilotée par, et pour, Ajaccio : « Jamais nous ne laisserons tomber les Corses de Bastia, du Cortenais et du rural ! » Rassurer aussi, en se défendant de tout clientélisme, les 4500 agents de la future collectivité unique, « qui sont dans le doute » : « Si on est au pouvoir, on maintiendra tous les avantages acquis. »

Marcangeli en guest star : « Vous êtes des mauvais Corses ! »

Puis de céder la place au « chef incontesté d’Ajaccio », Laurent Marcangeli, applaudi à tout rompre telle une guest star en mode standing ovation.
Absent de la liste, le maire ajaccien a profité de sa popularité dans ses rangs pour vanter son action : « Contrairement à ce que certains disent, en deux ans on a le temps de faire des choses. Nous avons un bilan à la tête d’Ajaccio et de la communauté d’agglomération. Faites en sorte que notre territoire soit représenté ! Ajaccio ne peut rien seul, mais la Corse ne peut rien faire sans Ajaccio.»
Laurent Marcangeli s’est livré à une attaque en règle des nationalistes accusés de couler « une chape de plomb » sur l’île : « Nous défendons une Corse où on peut très bien ne pas être nationaliste. Je suis corse et je n’ai de leçon à recevoir de personne ! Une police de la pensée s’est instaurée, qui décerne les bons points et les mauvais points. Vous êtes des mauvais Corses qui devraient être rééduqués ! », a-t-il lancé ironiquement à l’assistance. « Les nationalistes ont fermé la porte de l’ouverture. La politique ne peut pas être menée par un camp qui écrase les autres et qui exerce une dictature intellectuelle. Nous voulons permettre aux minorités de s’exprimer», a encore asséné le jeune maire d’Ajaccio, pointant les excès de sympathisants nationalistes sur les réseaux sociaux.

« Il n’y a que chez nous qu’ils ne sont pas indépendantistes »

Le chiffon rouge de l’indépendance est clairement agité : « Voulons-nous devenir comme la Catalogne où les gens ne se parlent plus et n’osent pas dire qu’ils ne sont pas indépendantistes ? » Et Laurent Marcangeli de rappeler les déplacements des nationalistes corses en Catalogne et en Ecosse : « Lorsqu’ils sont là-bas, ils sont indépendantistes. Il n’y a que chez nous qu’ils ne sont pas indépendantistes ! On nous parle de front républicain, mais qu’est-ce qui s’est passé à Bastia en 2014 ?» Et de conclure : « Cette élection est déjà pliée ? Eh bien non, parce que la démocratie n’est pas un vain mot, nous allons nous battre. »

Jean-Jacques Ferrara : « Nous avons fait nos preuves »

Prenant la suite, le député Jean-Jacques Ferrara, seul rescapé non-nationaliste en juin dernier, a lui aussi mis en avant « la renaissance ajaccienne » de la « grande famille libérale » et sa bonne gouvernance du département et de la ville, « sans ostracisme » : « C’est ce modèle que nous voulons exporter à la Corse entière. Nous avons fait nos preuves. » Le parlementaire a appelé à « rétablir le dialogue avec l’Etat». « L’Etat c’est notre banquier, il faut le convaincre de la viabilité de notre projet. Il nous suivra car nous sommes pétris des valeurs de la République française. »

Valérie Bozzi : « Ne pas minimiser les enjeux de cette élection »

C’est alors au tour de la tête de liste d’entrer en scène. Moins à l’aise dans l’art oratoire que ses prédécesseurs, Valérie Bozzi a d’abord lancé un appel contre l’abstention, susceptible de jouer contre elle : « Nous sommes victimes d’une imposture qui consiste à minimiser les enjeux de cette élection, alors qu’elle est la plus importante que la Corse ait jamais connue. » Selon elle, « la majorité silencieuse des 50% de non-votants ne s’accommode pas de la façon de faire » des nationalistes. « Certains laissent entendre que leur non-victoire pourrait signifier la fin de la paix en Corse. Etrange mise en garde ! »

« Nous reprendrons le dialogue avec l’Etat »

Pour Valérie Bozzi, les priorités nationalistes telles que le statut de résident, la co-officialité de la langue et la question de l’autodétermination « ne sont pas les préoccupations quotidiennes des Corses ». Promettant « une nouvelle façon de faire de la politique », la seule femme tête de liste a égrené ses propositions : une contractualisation avec les territoires « pour davantage de proximité » ; la révision du Padduc (accusé de nourrir la flambée du foncier et de bloquer le développement de l’île) ; la création d’une zone franche ; un grand plan de formation ; un meilleur accès au logement ; une politique culturelle « nourrie de l’intérieur comme de l’extérieur » ; un plan de santé avec le gouvernement… « Nous reprendrons le dialogue avec l’Etat, sans soumission, mais sans défiance non plus. »

« Une Corse ancrée dans la République »

La candidate de droite en est convaincue : « Après des années passées à attendre, il nous faut maintenant agir. L’instabilité institutionnelle est un frein au développement et aux investissements. Certains voient dans la nouvelle collectivité un cheval de Troie pour un projet séparatiste. Nous défendons une Corse ancrée dans la République. »
Déjà d’accord sur le principe d’une fusion au second tour avec les listes de Jean-Martin Mondoloni (droite régionaliste) et Jean-Charles Orsucci (La République en Marche), Valérie Bozzi, longuement applaudie sur scène avec l'ensemble de ses colistiers, croit en sa chance de déjouer les pronostics.
 



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