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Vincent Carlotti : « Le véritable enjeu du scrutin de décembre est la reconduction de la majorité sortante »
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Vincent Carlotti : « Le véritable enjeu du scrutin de décembre est la reconduction de la majorité sortante »


Calvi

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Le 09 Octobre 2017


- A deux mois du 1er tour des élections territoriales, que vous inspire le branle-bas électoral qui agite la classe politique corse?
- Je suis atterré par les conciliabules qui semblent se tenir entre certaines formations politiques de droite, comme de gauche, pour tenter de mettre en place la « sainte alliance » des antinationalistes au prétexte fallacieux que l’indépendance serait l’objectif caché de Gilles Simeoni. Outre que nos compatriotes n’ont vraisemblablement pas envie de voir revenir aux affaires celles et ceux qu’ils ont rejeté il y a deux ans, - quand bien même ils auraient repeint la façade ! -, il s’agit là, ni plus ni moins, de manœuvres pitoyables qui n’ont d’autre objet que celui de dissimuler la faiblesse des projets et le manque de détermination à mettre fin aux pratiques clientélistes. Il faut dire qu’agiter le chiffon rouge de l’autodétermination du peuple corse à quelques semaines d’un scrutin aussi important, - concept auquel je ne suis pas du tout pour ma part opposé -, n’est ni très habile, ni très heureux ! Je crains, quant à moi, que je n’aie pas à me poser cette question de mon vivant !

- Quel est, selon vous, le véritable enjeu du scrutin de décembre prochain ?
- Incontestablement, la reconduction de la majorité sortante, si possible avec une majorité absolue de sièges à l’Assemblée de Corse. Rien ne serait pire en effet que d’interrompre prématurément, à l’occasion d’un scrutin tronqué, l’action de la majorité actuelle, sans qu’elle ait pu faire véritablement ses preuves, alors qu’elle a réussi à changer fondamentalement le paysage politique et installé dans l’opinion l’idée que la politique peut changer les choses. L’obtention d’une majorité de sièges est d’autant plus importante qu’à peine trois ans plus tard, en mars 2021, il y aura de nouvelles élections territoriales dans toute la France et donc en Corse. Contrairement à ce qui s’est passé les deux dernières années, on peut faire confiance à l’opposition pour tout faire pour s’assurer que la majorité les aborde dans les conditions les plus défavorables.

- En tant que membre de la gauche progressiste, quel regard portez-vous sur les Progressistes insulaires ?
- Ils ont lutté pied à pied pendant des années aux cotés des Autonomistes et des Nationalistes pour mettre fin à la fraude électorale, mettre en place l’Université de Corse, instaurer la continuité territoriale dans les transports extérieurs, et doter la Corse d’institutions qui nous ont permis d’enregistrer des progrès notables dans tous les domaines. Ils sont, bien sûr, aujourd’hui, disposés à construire la victoire avec la majorité sortante. Emmanuelle De Gentili et Philippe Peretti l’ont, chacun de leur côté, exprimé clairement il y a quelques jours dans la presse. Encore faudrait-il qu’ils y soient associés, ce qui semble pour l’instant problématique ! Gilles Simeoni a affirmé publiquement, à plusieurs reprises, une volonté d’ouverture dont je n’ai aucune raison de douter. C’est à lui qu’appartiendra, au final, la réponse à cette question.

- Que pensez-vous des positions des représentants de la liste En Marche ?
- Je pense, depuis le début, que la formation politique qui se réclame du président de la République a été prise d’assaut par ce que l’on pourrait appeler : le parti Giacobbi. Le clan, dans l’histoire de notre île, s’est toujours efforcé d’être constamment du côté du manche. Je suis d’ailleurs persuadé que la candidature de ses représentants aux élections législatives, qui s’est traduite par un échec, prévisible étant donné la faible mobilisation des Corses pour le candidat Macron, n’était rien d’autre qu’un galop d’essai avant les Territoriales. On verra bien ce qu’il en adviendra, mais il n’est guère rassurant de penser que c’est à travers ce prisme que le gouvernement regardera les affaires corses.

- Pensez-vous que la gauche, qui a été balayée en 2015, peut revenir dans le jeu politique insulaire lors de ce scrutin ?
- Ce qui a été balayé en 2015, ce n’est pas la gauche, en tout cas pas la gauche progressiste, mais un clan aux pratiques déshonorantes qui l’avait mise en coupe réglée avec la complicité de celles et ceux qui en ont tiré mandats et avantages. Dans un paysage politique assaini par le passage de la justice, dont il faut se féliciter car elle a su montrer qu’elle pouvait être indépendante du pouvoir politique, je ne doute pas de son avenir, car elle dispose en Corse d’un courant de sympathie qui reste vivace.

- Personne ne semble vraiment mettre en doute la victoire nationaliste, le 17 décembre prochain. Les jeux sont-ils déjà faits ?
- Il faut se méfier des élections que l’on dit imperdables ! Nous en avons eu l’illustration il y a quelques mois en France. En Corse, il y a deux ans, personne ne croyait vraiment trois mois avant l’échéance que la victoire pouvait échapper à l’équipe en place. Elle a pourtant chuté. Les ennuis judiciaires de son chef de file ont sans doute joué un rôle important, mais c’est surtout son manque de réserves au deuxième tour qui a causé son échec, alors qu’elle était arrivée en tête au premier. C’est là que réside, je le crains, la faiblesse de la liste d’union nationaliste. Elle arrivera sans difficulté en tête au premier tour, mais je ne vois pas très bien où elle pourra trouver au deuxième tour les alliés qui pourraient lui assurer la majorité, qu’elle soit relative ou absolue, dès lors que se pourrait se dessiner la fusion des oppositions. Il y a bien le Rinnovu, mais cela pourrait ne pas suffire dans la mesure où ils puisent dans le même vivier que leurs concurrents nationalistes.

Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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